Archive for février, 2010

Comportements éthiques

Tourisme autrement participe au cycle de 3 conférences  proposé par Vie Féminine Centre Ardenne au centre culturel de Bertix.

Le 16 mars 2010 : « Une alimentation consciente et durable pour notre santé à tous et celle de la planète » par Mr Daniel Cauchy, formateur en éducation au développement et à l’environnement et membre de l’ONG « Rencontre des Continents »

Le 20 avril 2010 : « Un tourisme équitable et solidaire » par Mme Marie-Paule Eskenazy de l’ASBL Tourisme autrement

Le 18 mai 2010 : « L’épargne éthique » par Mme Antoinette Brouyaux du Réseau Financement Alternatif

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25 février 2010 at 15 h 34 min Laisser un commentaire

Comment concilier éthique et choix d’une destination touristique ?

Question intéressante au moment où un certain nombre de personnes s’interrogent sur leur lieu de vacances à l’étranger : elle concerne principalement des pays dans lesquels les atteintes aux droits de l’homme sont connus et identifiés. On se souvient de l’appel d’un ancien ministre belge des affaires étrangères qui invitait nos compatriotes à ne pas skier en Autriche après la victoire de l’extrême droite. Cet appel a suscité plus de réserves que de soutien. C’est pourquoi nous préconisons de ne pas culpabiliser les touristes mais au contraire de les responsabiliser.

Cela ne veut pas dire que l’on peut aller partout à tout moment. Un choix de destination touristique doit prendre en compte la dimension éthique, c’est-à-dire notre comportement (l’éthique propose de réfléchir sur le « bien-agir »).

Prenons le cas de la Birmanie. Pendant des années Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, a préconisé le boycott touristique de son pays. Sa position a finalement évolué, constatant que ce boycott et les sanctions économiques contre la junte contribuaient à aggraver la situation quotidienne déplorable de la population sans affaiblir la junte. Depuis quelques mois, certains tours opérateurs responsables ont repris des voyages vers la Birmanie mais en basant toute leur organisation sur des partenaires indépendants de la junte, en prenant la précaution d’informer soigneusement sur la réalité quotidienne et de favoriser le contact sur place avec des associations de défense des droits de l’homme. Par ailleurs, lors des derniers évènements dramatiques, l’absence de témoins oculaires que sont, malgré eux, les touristes, a contribué à limiter l’information. Si les touristes ne sont pas des journalistes, il est vrai que dans certains cas ils peuvent témoigner utilement.

Des voyages immoraux ?

La question se pose lorsque l’on voit que certains organisateurs de voyages prennent prétexte d’évènements dramatiques pour organiser des tours comme par exemple la visite des prisons surpeuplées au Rwanda après les massacres, la visite du mur érigé par le gouvernement israélien en Cisjordanie occupé et considéré par un ancien ministre israélien du tourisme comme objet de curiosité touristique, les visites des bidonvilles de Johannesburg ou de Rio De Janeiro ou plus près de chez nous la visite de cités pauvres en Hainaut. Chacun jugera de l’intérêt de tels circuits en fonction de son propre comportement éthique.

Le tourisme sexuel, basé sur la prostitution enfantine – grave atteinte aux droits de l’homme – est un crime passible de poursuites judiciaires en Belgique (même si les faits sont commis à l’étranger).

La conclusion reste provisoire et limitée car le débat reste ouvert. Dans certains pays fermés, la confrontation avec des touristes contribue à un changement de mentalité qui peut être positif : certains analystes pensent que par exemple la présence massive de touristes en Espagne a contribué à faire chuter le franquisme.

25 février 2010 at 15 h 20 min Laisser un commentaire

Avatar, un scénario pas si futuriste

Une peuplade isolée habitant sur des terres sacrées, en symbiose avec son environnement, mais menacée par une grosse compagnie minière. Cela vous rappelle-t-il quelque chose? Le dernier succès au box-office?

Non, on ne parle pas des grandes créatures bleues, les Na’vi, sorties de l’imagination fertile de James Cameron.

« Le drame d’Avatar – si l’on fait abstraction des lémuriens multicolores, des chevaux à longue trompe et des guerriers androïdes – se joue aujourd’hui sur les collines de Niyamgiri en Orissa », explique Stephen Corry, directeur de l’ONG Survival.

Les Dongria Kondh vivent dans la région de l’Orissa, à l’est de l’Inde et comptent près de 8.000 âmes au sein de leur tribu. Ils vivent à flanc de colline sur la terre sacrée où réside leur dieu Niyam Raja Penu.

Survival a profité du succès mondial d’Avatar pour nous informer sur le sort de cette peuplade dont les terres, le mode de vie et les croyances sont menacés. Un encart publicitaire dans le magazine américain Variety interpelle directement James Cameron : « Avatar est une fiction… bien réelle. En Inde, la tribu des Dongria Kondh lutte pour défendre sa terre. (…) Nous avons vu votre film. Maintenant, visionnez le nôtre ».

L’association compte sur son soutien dans son combat pour la sauvegarde de cette tribu.  Le sous-sol de la colline, riche en bauxite, attire les convoitises de la multinationale Vedanta qui a y déjà construit une grande raffinerie d’aluminium (pour transformer sur place le minerai en aluminium). Bien sûr des emplois et de nouvelles infrastructures ont été promis à la population délogée. Cependant, ce qui est principalement récolté par cette dernière c’est la pollution engendrée par la raffinerie, notamment dans les cours d’eau alentours où les Dongria Kondh n’osent plus se baigner. Les forêts, pourvoyeuses de nourriture et de soins, sont également menacées.

Avec une mine d’extraction au sommet de la colline, Vedanta viole les droits humains des Jharnia en les privant d’un accès intégral à leur territoire et de la liberté d’exercer leur culte (les collines sont considérées comme des temples).

Bien que l’Église d’Angleterre et l’État norvégien se soient retirés du capital de la société britannique, en désaccord avec les manquements aux droits de l’homme, le projet a obtenu l’aval des autorités indiennes.

La pression de la communauté internationale et de la société civile sera-t-elle assez forte pour sauver les Dongria Kondh?

Voir le film « The Real Avatar »

23 février 2010 at 15 h 46 min Laisser un commentaire

Ces voyages qui rendent fous …

Chaque voyageur est susceptible d’être victime d’un choc culturel. Il est en effet normal d’éprouver certaines émotions lors de l’immersion dans une culture différente : vague à l’âme, stress, agacement, gêne, repli sur soi… La faculté à gérer ces émotions dépend de la capacité d’adaptation de chacun et de la préalable préparation au voyage. Ouverture d’esprit, communication et patience sont les maître-mots pour franchir cette étape sans dommages.

Le « syndrome du voyageur » est un trouble psychique qui atteint certaines personnes lorsqu’elles se trouvent en pays étranger. L’abondance d’œuvres d’art, de symboles religieux ou la perte des repères habituels provoquent chez ces personnes des symptômes allant de l’anxiété aux hallucinations et aux délires (paranoïa…). Les symptômes disparaissent généralement lors du retour dans le milieu habituel et sont la conséquence d’une non-anticipation de la réalité du pays visité.

Quelques exemples bien connus de syndromes du voyageur :

Le Syndrome de Stendhal :

Appelé également syndrome de Florence, cette affection désigne les troubles psychiques frappant les personnes exposées à une surcharge d’émotions devant la multitude des œuvres artistiques et leur sens profond.

Le phénomène est décrit par l’écrivain Stendhal en visite à Florence : « J’étais arrivé à ce point d’émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux Arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j’avais un battement de cœur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber. »

Les réactions varient, des crises d’angoisse aux crises hystériques et jusqu’aux tentatives de destruction des tableaux.

Le Syndrome de Jérusalem :

Pendant religieux du syndrome de Stendhal, le syndrome de Jérusalem aurait affecté plus de 1200 personnes en pèlerinage dans la ville sainte des 3 grands monothéismes.

Une recrudescence des cas est notée lors des grandes fêtes religieuses et des congés estivaux. D’après les études du Dr Gregory Katz, chef du centre de santé mentale Givat Shaul, les cas restent relativement rares chez les personnes saines d’esprit avant leur venue à Jérusalem. Selon lui, les crises apparaissent chez les sujets en première visite sur la Terre sainte, participant à un voyage organisé et très croyants. Les symptômes vont de l’anxiété au besoin de se purifier le corps, jusqu’au besoin irrépressible de se vêtir d’une toge pour prêcher tel un  messie.

Le syndrome de Paris :

Ce syndrome étudié par le professeur Ota Hiroaki atteindrait en grande majorité les touristes japonais en visite dans la capitale française. Les personnes affectées sombrent généralement dans un état de dépression plus ou moins grave pouvant aller jusqu’à l’hospitalisation pour 25% des cas déclarés.

Leur vision idéale de la ville (le Paris des artistes, capitale de la mode et du bien-vivre) se retrouve violement confrontée à la réalité de la vie parisienne, celle-ci beaucoup moins harmonieuse et policée.

Selon Philippe Adam, auteur de la nouvelle Le Syndrome de Paris, « on rend assez mal aux Japonais l’affection qu’ils portent à la France. » Le comportement des Français est en fort décalage avec leurs attentes et leurs propres mœurs. L’expression de son désaccord, les critiques, le contournement ou le non-respect des règles établies sont vécus comme autant d’agressions par des Japonais habitués à une société ultra hiérarchisée et ordonnée, où le simple mot « non » est proscrit.

La nouvelle de Philippe Adams a été adaptée au cinéma par la réalisatrice japonaise Saé Shimaï en 2008 et projetée au Festival de Films de Femmes de Bruxelles en 2009.

Le syndrome indien :

Les touristes se rendant en Inde peuvent se trouver en proie à un bouleversement intense face à la perte de leurs repères habituels. La pauvreté omniprésente, le tumulte ambiant, le climat deviennent autant de facteurs oppressants qui poussent les visiteurs à la fuite ou entrainent à une perte de contact avec la réalité alimentée par le mysticisme local. Ce syndrome touche majoritairement les jeunes Occidentaux qui choisissent souvent l’Inde pour des voyages initiatiques et sont d’autant plus susceptibles d’être en proie à des crises identitaires.

Tourisme autrement vous donne quelques bons conseils !

Partez sans idées préconçues certes, mais ne négligez pas la préparation au voyage :

– renseignez vous sur les us et coutumes des pays que vous allez visiter

– notez et apprenez quelques mots de base dans la langue locale

– récoltez des informations générales sur le pays via les médias, les livres d’écrivains voyageurs

– consultez les forums de voyage pour prendre connaissances d’expériences de voyageurs et ainsi éviter des mauvaises surprises …

A lire :

Ces fous de l’Inde – délires d’Occidentaux et sentiment océanique, Régis Airault, Petite Bibliothèque Payot

Le Syndrome de Paris, Philippe Adams, Inventaire

22 février 2010 at 14 h 08 min 1 commentaire

Le couchsurfing, alliance parfaite du tourisme participatif et du tourisme 2.0

Surfer d’un canapé à l’autre et s’offrir un horizon de rencontres plus riches les unes que les autres, voici en quelques mots l’essence du couchsurfing.

Le fonctionnement est simple : le site web www.couchsurfing.org est une plateforme sur laquelle les internautes peuvent gratuitement proposer un « canapé » pour dormir ou en rechercher un.

Les hôtes servent souvent d’excellents guides pour découvrir les lieux de villégiature avec l’œil aiguisé d’un habitué. Vous aurez l’opportunité de découvrir des lieux non présentés dans les guides, voire de vous faire de nouveaux amis aux quatre coins du monde. Vous avez également la possibilité de ne pas proposer de « canapé » mais du temps pour faire visiter votre ville ou simplement boire un café avec une personne de passage.
L’ Europe est la première destination des couchsurfeurs, mais de nouveaux pays s’y ouvrent et c’est près de 230 pays qui sont représentés sur le site.

Le concept va au-delà d’un simple mode d’hébergement peu onéreux. Le couchsurfing est avant tout un état d’esprit fondé sur la solidarité, l’échange, le partage et surtout la confiance.Les nombreux adeptes l’ont bien compris car il y a très peu de retours négatifs sur cette expérience.

Le couchsurfing c’est le mariage plus que réussi du tourisme participatif, basé sur les habitants, et du tourisme 2.0, car le système repose sur la communauté « virtuelle » des couchsurfeurs. Virtuelle? De moins en moins car un aspect plus méconnu du couchsurfing c’est la vie communautaire bien réelle et très active au niveau local ! Sorties, expositions, restaurants, festivals… de nombreuses activités sont organisées à l’initiative des couchsurfeurs habitant une même ville.

N’hésitez pas et n’attendez pas un voyage pour rejoindre la communauté des couchsurfeurs !

18 février 2010 at 9 h 22 min 1 commentaire

10 destinations éthiques dans les pays du Sud

Parmi les classements des destinations tendances en 2010, celui d’Ethical Traveler est celui qui a à nos yeux le plus de sens. En effet, Ethical Traveler, organisme américain de promotion du tourisme éthique, édite chaque année une liste des dix « meilleures » destinations éthiques dans les pays en développement. D’après E.T, « il convient d’encourager ceux qui font des efforts en faveur de l’environnement et des communautés locales en les choisissant préférentiellement pour nos vacances. » La liste vise également à encourager ces pays qui ont mis en place de bonnes pratiques (par exemple: système judiciaire juste, accès généralisé à l’eau potable, baisse du taux de mortalité infantile, limitation de la déforestation…).

Les pays retenus en 2010 sont:

  • Argentine
  • Belize
  • Chili
  • Ghana
  • Lituanie
  • Namibie
  • Pologne
  • Seychelles
  • Afrique du Sud
  • Surinam

Pour aboutir à cette liste, l’organisme base son étude sur trois piliers: la protection de l’environnement, les conditions de vie et les droits de l’homme. Les données analysées permettent d’établir une image actuelle des états mais aussi de voir les éléments qui annoncent des progrès à venir. Les sources sont variées (Unicef, ONG, PNUD, FMI, Banque Mondiale…).

Des pays sélectionnés cette année ont tout de même reçu des avertissements, comme le Belize, la Namibie et les Seychelles qui considèrent encore l’homosexualité comme un crime sans pour autant la sanctionner ou  l’Afrique du Sud qui a fait de larges progrès mais où le taux de criminalité  reste particulièrement élevé (certainement en raison d’un écart riches/pauvres très important).

Des pays comme le Costa Rica, le Nicaragua ou la Bolivie (félicités en 2008) se sont vus retirés de la liste cette année pour diverses raisons (recul de la démocratie, hausse du tourisme sexuel ou du trafic d’enfants…).

Plus d’informations sur la méthodologie et les résultats en consultant le site de Ethical Traveler.

« Ethical Traveler is the first grass-roots alliance uniting adventurers, tourists, travel agencies, and outfitters — everyone who loves to travel, and sees travel as a positive force in the world. We feel that all travelers are, in effect, freelance ambassadors. We also believe that we have the ability to join our voices, and to use our economic power to strengthen human rights and protect the environment. »

11 février 2010 at 13 h 48 min Laisser un commentaire

Inondations au Machu Picchu: où sont passés les Péruviens ?

Tourisme autrement partage avec vous cette lettre ouverte de Roxane Liénart, bénévole chez SOS Faim, sur la situation dramatique de la population péruvienne dans la région du Machu Picchu. Tout ce qui est parvenu à nos oreilles ce sont les histoires des touristes bloqués par les inondations. Quid de la population locale qui a parfois tout perdu ?

« La nouvelle est tombée mardi 26 janvier. On entendait à la radio, et pouvait lire dans la presse, que de nombreux touristes étaient bloqués à la citadelle du Machu Picchu et sur le chemin de l’Inca qui y mène. Ils seraient des milliers,… en manque d’eau et de nourriture. Les fortes pluies ont provoqué, dans la région de Cusco, des débordements de rivières et d’importants glissements de terrain qui ont balayé tout sur leur passage…

Cela faisait juste une semaine que j’étais rentrée d’un stage de cinq mois à Cusco, dans une ONG péruvienne de microfinance – soutenue par l’ONG belge SOS Faim au sein de laquelle je me suis engagée comme bénévole. De suite, je me suis inquiétée pour mes anciens collègues péruviens : Comment vont-ils ? Ont-ils été touchés ? Reçoivent-ils l’aide nécessaire ? Les femmes ? Les enfants ? Les producteurs ?… Qu’en est-il de leurs maisons et de leurs récoltes ?… Mes questions restaient cependant sans réponse. Les médias belges ne relayaient pas d’information à ce sujet et je n’arrivais pas à contacter mes anciens collègues. Tout ce que je savais alors se résumait à : onze touristes belges coincés, parmi des milliers d’autres ; des vols Lima-Cusco interrompus ; la voie ferrée, menant au Machu Picchu, fortement endommagée… Peu après, les médias nous informaient que certains européens et américains allaient jusqu’à payer des 500 $ pour être rapatriés en premiers par hélicoptère ! La « guerre des touristes » prenait place… et toujours aucune nouvelle consistante des habitants de la région. C’est donc vers les quotidiens péruviens que je me suis tournée. Et là, la situation m’est apparue nettement plus inquiétante ! Selon les estimations du gouvernement régional, plus de 7.000 maisons se sont effondrées, 9 ponts ont été détruits et 72.000 km de routes sont impraticables. Il y aurait plus de 35.000 sinistrés. En tout, près de 55.500 personnes auraient souffert des pluies diluviennes. En outre, plus de 16.000 ha de cultures sont gravement affectés. Les médias péruviens soulevaient également les difficultés dans l’acheminement de l’aide aux populations sinistrées, en manque de couvertures, de vêtements, d’eau, de vivres, de médicaments,… Tant de gens se sont retrouvés sans rien en l’espace de quelques heures !
Surréaliste ! … »  Lire la suite

SOS Faim est une ONG belge dont l’objectif général  est de réduire la pauvreté en milieu rural en soutenant l’agriculture paysanne et ses acteurs. Dans le monde près d’un milliard de personnes souffrent de la faim, dont 2/3 sont des paysans et leur famille qui vivent principalement dans les pays en développement. Ces familles n’ont pas accès à une alimentation suffisante et de qualité, avant tout parce qu’elles sont pauvres.

11 février 2010 at 11 h 15 min Laisser un commentaire

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