Salon des vacances de Bruxelles

10 février 2010 at 10 h 50 min 1 commentaire

A la lecture du magazine de promotion du salon, notre attention n’est pas attirée une seule fois par le thème du tourisme durable. Pas un seul article, pas une photo, pas même un mot à cet égard. Quand on sait que le salon des vacances de Bruxelles a reçu, l’an dernier, plus de 100.000 personnes, c’est assez décevant. Il me semble qu’on rate là une occasion idéale de sensibiliser un large public.

Non seulement cette brochure n’aborde pas le tourisme de manière responsable mais elle affiche parfois une vision du tourisme assez choquante. En effet, si les auteurs ne manquent pas de mettre le bien-être des touristes en avant, on se demande où est passé celui des populations locales. Certains articles parlent de « vacances idéales » : celles-ci n’impliquent bien évidemment aucun questionnement quant aux impacts que ces vacances de rêve peuvent avoir sur le pays visité.

On peut ainsi relever quelques exemples frappants, révélateurs du manque de prise de conscience dont les auteurs de ces articles font parfois preuve :

–          Le rêve se décrit souvent en quelques mots : hôtel de luxe, complexe hôtelier all-in, gigantesque et luxueux centre de bien-être…

–          Au niveau des moyens de transports, l’accent est mis sur les voyages en avion et sur la promotion de vacances en voiture, en moto, en bus…

–          Promotion est faite également sur les promenades en bateau à moteur… avec parfois même la traversée de l’une ou l’autre réserve nationale ou naturelle…

–          Promotion aussi de la pratique du golf aux Pays-Bas. Quant on sait que l’histoire de ce pays est marquée par sa lutte contre la montée des eaux, le golf est-il vraiment à recommander ?

–          Exemple de conseil adressé aux touristes : attention de ne pas toucher les phoques : ils pourraient bien vous mordre ! Pas un mot sur le fait que la domestication progressive des phoques pourrait perturber l’équilibre de l’espèce, ou qu’ils pourraient contracter des maladies humaines. La liste des dangers encourus par un rapprochement des humains et des animaux sauvages est longue mais rien n’est évoqué dans l’article.

–          De nombreux conseils sont donnés aux touristes concernant les normes sanitaires afin qu’ils évitent d’attraper des maladies en vacances. Mais il paraît inutile aux promoteurs de mentionner également les maladies que les touristes pourraient apporter aux locaux s’ils ne respectent pas ces normes.

Heureusement, quelques voyages font exception : randonnée, trekking, randonnée à cheval, vélo, voilier… Dommage qu’ils se perdent dans la masse des vacances formatées peu respectueuses de l’environnement et des populations locales qui sont proposées au public.

Après visites, nos craintes sont vérifiées…

Comme le laissait présager le magazine de présentation, ce n’est pas au salon des vacances que vous trouverez des exemples de tourisme responsable. Quatre salles dédiées au voyage, et pas une pour sensibiliser le public, pas même un petit espace entre deux grands T.O.

Tourisme de masse, voilà le dress-code ! Que ce soit en Belgique, en France, ou bien plus loin ; rares sont les séjours respectueux présentés au salon. Certains représentants des plus grands Tour-opérateurs l’avouent eux-mêmes, l’environnement et les populations locales ne sont pas au centre de leurs préoccupations.

Toutefois, ne blâmons pas tout le monde, certains exposants se démarquent et semblent garder les yeux bien ouverts face aux impacts négatifs du tourisme de masse. Ceux-ci proposent donc des séjours « nature » et tiennent un discours davantage en accord avec la problématique du tourisme durable. On retrouve principalement des séjours « vélo » alliant nature et culture, des randonnées, du trekking, du camping et des séjours de type « Aventure » souvent au cœur d’un milieu naturel que les vacanciers respecteront.

Il est tout de même regrettable de devoir se frayer un chemin à travers une foule de stands pour dénicher ce type de vacances. Cet évènement ne profite vraiment pas de sa notoriété pour sensibiliser le public à un problème pourtant bien réel, celui des effets néfastes du tourisme.

Amélie De Vriendt

Etudiante en gestion touristique à l’Institut Arthur Haulot

Texte réalisé dans le cadre d’un stage à Tourisme autrement asbl

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Un commentaire Add your own

  • 1. Girod André  |  9 août 2010 à 15 h 04 min

    Dans un livre à paraître: Tourisme de masse destruction, André Girod étudie l’évolution du tourisme de 1950 à nos jours. Pionnier du tourisme de masse avec le Touring Club de France il fait un bilan de ces cinquante dernières années.
    Extraits sur son blog

    Réponse

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