Avatar, un scénario pas si futuriste

23 février 2010 at 15 h 46 min Laisser un commentaire

Une peuplade isolée habitant sur des terres sacrées, en symbiose avec son environnement, mais menacée par une grosse compagnie minière. Cela vous rappelle-t-il quelque chose? Le dernier succès au box-office?

Non, on ne parle pas des grandes créatures bleues, les Na’vi, sorties de l’imagination fertile de James Cameron.

« Le drame d’Avatar – si l’on fait abstraction des lémuriens multicolores, des chevaux à longue trompe et des guerriers androïdes – se joue aujourd’hui sur les collines de Niyamgiri en Orissa », explique Stephen Corry, directeur de l’ONG Survival.

Les Dongria Kondh vivent dans la région de l’Orissa, à l’est de l’Inde et comptent près de 8.000 âmes au sein de leur tribu. Ils vivent à flanc de colline sur la terre sacrée où réside leur dieu Niyam Raja Penu.

Survival a profité du succès mondial d’Avatar pour nous informer sur le sort de cette peuplade dont les terres, le mode de vie et les croyances sont menacés. Un encart publicitaire dans le magazine américain Variety interpelle directement James Cameron : « Avatar est une fiction… bien réelle. En Inde, la tribu des Dongria Kondh lutte pour défendre sa terre. (…) Nous avons vu votre film. Maintenant, visionnez le nôtre ».

L’association compte sur son soutien dans son combat pour la sauvegarde de cette tribu.  Le sous-sol de la colline, riche en bauxite, attire les convoitises de la multinationale Vedanta qui a y déjà construit une grande raffinerie d’aluminium (pour transformer sur place le minerai en aluminium). Bien sûr des emplois et de nouvelles infrastructures ont été promis à la population délogée. Cependant, ce qui est principalement récolté par cette dernière c’est la pollution engendrée par la raffinerie, notamment dans les cours d’eau alentours où les Dongria Kondh n’osent plus se baigner. Les forêts, pourvoyeuses de nourriture et de soins, sont également menacées.

Avec une mine d’extraction au sommet de la colline, Vedanta viole les droits humains des Jharnia en les privant d’un accès intégral à leur territoire et de la liberté d’exercer leur culte (les collines sont considérées comme des temples).

Bien que l’Église d’Angleterre et l’État norvégien se soient retirés du capital de la société britannique, en désaccord avec les manquements aux droits de l’homme, le projet a obtenu l’aval des autorités indiennes.

La pression de la communauté internationale et de la société civile sera-t-elle assez forte pour sauver les Dongria Kondh?

Voir le film « The Real Avatar »

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