Comment concilier éthique et choix d’une destination touristique ?

25 février 2010 at 15 h 20 min Laisser un commentaire

Question intéressante au moment où un certain nombre de personnes s’interrogent sur leur lieu de vacances à l’étranger : elle concerne principalement des pays dans lesquels les atteintes aux droits de l’homme sont connus et identifiés. On se souvient de l’appel d’un ancien ministre belge des affaires étrangères qui invitait nos compatriotes à ne pas skier en Autriche après la victoire de l’extrême droite. Cet appel a suscité plus de réserves que de soutien. C’est pourquoi nous préconisons de ne pas culpabiliser les touristes mais au contraire de les responsabiliser.

Cela ne veut pas dire que l’on peut aller partout à tout moment. Un choix de destination touristique doit prendre en compte la dimension éthique, c’est-à-dire notre comportement (l’éthique propose de réfléchir sur le « bien-agir »).

Prenons le cas de la Birmanie. Pendant des années Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, a préconisé le boycott touristique de son pays. Sa position a finalement évolué, constatant que ce boycott et les sanctions économiques contre la junte contribuaient à aggraver la situation quotidienne déplorable de la population sans affaiblir la junte. Depuis quelques mois, certains tours opérateurs responsables ont repris des voyages vers la Birmanie mais en basant toute leur organisation sur des partenaires indépendants de la junte, en prenant la précaution d’informer soigneusement sur la réalité quotidienne et de favoriser le contact sur place avec des associations de défense des droits de l’homme. Par ailleurs, lors des derniers évènements dramatiques, l’absence de témoins oculaires que sont, malgré eux, les touristes, a contribué à limiter l’information. Si les touristes ne sont pas des journalistes, il est vrai que dans certains cas ils peuvent témoigner utilement.

Des voyages immoraux ?

La question se pose lorsque l’on voit que certains organisateurs de voyages prennent prétexte d’évènements dramatiques pour organiser des tours comme par exemple la visite des prisons surpeuplées au Rwanda après les massacres, la visite du mur érigé par le gouvernement israélien en Cisjordanie occupé et considéré par un ancien ministre israélien du tourisme comme objet de curiosité touristique, les visites des bidonvilles de Johannesburg ou de Rio De Janeiro ou plus près de chez nous la visite de cités pauvres en Hainaut. Chacun jugera de l’intérêt de tels circuits en fonction de son propre comportement éthique.

Le tourisme sexuel, basé sur la prostitution enfantine – grave atteinte aux droits de l’homme – est un crime passible de poursuites judiciaires en Belgique (même si les faits sont commis à l’étranger).

La conclusion reste provisoire et limitée car le débat reste ouvert. Dans certains pays fermés, la confrontation avec des touristes contribue à un changement de mentalité qui peut être positif : certains analystes pensent que par exemple la présence massive de touristes en Espagne a contribué à faire chuter le franquisme.

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Avatar, un scénario pas si futuriste Comportements éthiques

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