Archive for mars, 2010

Tourisme et eau

Mercredi, le jour de notre rendez-vous hebdomadaire sur les ondes. Sujet du jour: Tourisme et eau.

L’eau, c’est la vie. C’est ce qu’affirme Eric Orsenna, académicien français de renom, lorsqu’il dit « que l’eau c’est le miroir des populations et qu’en absence d’eau, il n’y a pas de dignité pour l’homme ». Donc préservons-la, y compris en vacances.

Les enquêtes sont claires : la présence d’eau, pour la baignade ou pour la pratique de sports aquatiques, est un élément primordial dans le choix d’une destination par les touristes occidentaux, qui représentent plus de la moitié des touristes internationaux. Il ne faut d’ailleurs pas aller très loin : voyons ce qui se passe sur les côtes de la mer du Nord dès qu’il y a un rayon de soleil.

La pression démographique dans les zones de baignade, le non respect du milieu aquatique (déversement des eaux usées, vidange des moteurs de bateaux, rejet de déchets en tous genres en particulier les sacs en plastique),  entrainent une modification de l’équilibre naturel, la destruction de la biodiversité, de la flore sous marine et l’érosion du littoral dans de nombreux pays du Sud. A terme, le tourisme non maîtrisé détruit ce qui est l élément d’attractivité touristique. Des exemples : dans les Caraïbes, 90% des eaux usées des hôtels sont rejetées directement dans la mer. Selon le PNUD, un bateau de croisière déverse 70.000 tonnes de déchets par an.

Même en Europe où des efforts ont été réalisés et des mesures contraignantes prises par les pouvoirs publics, on voit encore trop souvent des poubelles qui débordent dans nos lieux de vacances et des touristes paresseux, jouant au Petit Poucet en balisant leur parcours sur la plage de détritus en tous genres. Pas très séduisant pour les autres touristes et encore moins pour les hôtes des lieux.

Un autre problème: la consommation excessive, voire abusive, d’eau par les touristes

A l’heure actuelle, plus d’un milliard cinq cent mille personnes n’ont pas accès à l’eau potable. C’est notamment le cas dans beaucoup de zones dans lesquelles sont implantées des industries touristiques, grandes consommatrices d’eau.

Les chiffres sont éloquents : un touriste utilise 4 fois plus d’eau que le citadin moyen et sous les tropiques cela monte à 7 à 10 fois plus d’eau. En Méditerranée, durant la saison touristique, le touriste consomme près de 850 litres d’eau par jour c’est-à-dire 4 fois la consommation moyenne par jour d’un citadin. Les hôtels de luxe, équipés de piscines, de golfs etc, consomment jusqu’à 836l par jour et par chambre alors que les petits hôtels qui gèrent durablement leur eau atteignent 187 litres.

Pour les populations des pays d’accueil, les conséquences sont lourdes: rationnement de l’eau, nécessité d’acheter de l’eau en bouteilles pour satisfaire leur consommation privée. Cette eau coûte mille fois plus cher que l’eau du robinet, participe à la réduction du niveau de vie de ces populations et contribue à aggraver la pollution et le réchauffement climatique.

A qui la faute dans cette non gestion de l’eau ?

La réponse est loin d’être aisée. La démocratisation du tourisme par la baisse des coûts pour des séjours dans des pays du Sud s’est faite aux dépens d’un certain nombre de valeurs parmi lesquelles la gestion de l’environnement. Celle-ci a un coût auquel certains opérateurs touristiques en recherche de profits immédiats sacrifient volontiers . En l’absence de réelles mesures coercitives, c’est trop souvent le règne du n’importe quoi qui donne l’illusion aux touristes que tout est accessible à bas prix mais sans mettre en évidence les impacts négatifs.

Ceux-ci ne sont  pas toujours perçus en quelques jours de vacances. Il nous semble donc important de rappeler au touriste-consommateur que préserver un milieu cela coûte et que s’il veut en bénéficier pour sa pratique touristique aujourd’hui, et pour celle de ses enfants demain, il doit aussi tenir compte de l’impact financier au moment où il choisit sa destination et ne pas choisir uniquement en fonction d’un bas prix.

Quelles sont les bonnes pratiques pour être un touriste responsable ?

Adopter des comportements de bon sens, aisés à mettre en place, basés sur la co-responsabilité de tous dans la gestion de la Planète, des pratiques qui ne perturbent en rien le bon déroulement de vos vacances et le plaisir de bénéficier de l’eau. Ces bonnes pratiques sont à adopter dans le tourisme de proximité comme dans le tourisme international.

Quelques exemples:

Limiter les douches même par temps caniculaire et les préférer aux bains, fermer les robinets, limiter la consommation de draps et serviettes et suivre les instructions des hôteliers responsables, ne pas utiliser de détergents polluants.

Et surtout choisir un opérateur touristique qui adopte des mesures de gestion durable de l’eau. Ne pas hésiter à l’interroger. Au Pérou, une petite association Incaguides, propose un circuit « les enfants de l’Amazone »  basé sur la récolte d’eau pour en faire comprendre l’importance pour la survie des populations locales.

Enfin,  si vous voulez en savoir plus sur la qualité des eaux de baignade en Europe, destination de plus de la moitié des touristes internationaux, un site www.eea.europa.eu.

Et surtout bonnes vacances de Pâques…

Vous pouvez écouter cette chronique en podcast sur le site web de la Première RTBF.

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31 mars 2010 at 15 h 55 min 1 commentaire

La promenade verte

Avec le retour des beaux jours, Tourisme autrement vous propose de vous balader sur la promenade verte  qui ceinture la région de Bruxelles. Longue de plus de 60 km, elle est divisée en sections représentant différentes facettes des paysages de la région bruxelloise (urbain, rural, industriel, marais, parcs aménagés…), tout en faisant découvrir de nombreux espaces verts bruxellois à pied ou à vélo.

Un code de bonne conduite donne les informations utiles afin que chaque utilisateur profite de la Promenade Verte dans le respect des lieux traversés et des autres promeneurs.

Carte interactive des espaces verts et de la  Promenade Verte

Cliquez sur l’image pour accéder à la carte interactive de la Promenade Verte

Grâce à la Promenade Verte, une nouvelle visibilité est donnée à des espaces auparavant inaccessibles au public. Une partie du tracé reste encore à réaliser.

30 mars 2010 at 15 h 11 min Laisser un commentaire

Passeport vert

Le site internet de la campagne « Passeport vert » a pour but de faire prendre conscience aux touristes qu’ils peuvent eux aussi contribuer au développement durable en adoptant des choix de vacances responsables. Cette initiative du programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) insiste sur les bonnes pratiques à appliquer.

Le tourisme, la plus grande industrie du monde est en plein essor. D’ici 2020, le nombre d’arrivées internationales aérienne et maritime pourrait atteindre 1,6 milliards par an, a rappelé Achim Steiner, Sous-secrétaire général des Nations Unies et Directeur exécutif du PNUE. Le défi est de gérer cette croissance durablement. Les gouvernements ont un rôle important à jouer, mais il en va de même pour les individus et les familles pendant qu’ils planifient leurs vacance, a t-il souligné.

Le passeport vert fournit aux touristes de manière des informations leur permettant de réduire leurs impacts sur l’environnement et la population locale en soulignant les comportements à adopter et ceux à bannir. Ces  bons conseils concernent toutes les étapes du voyage : de la préparation des bagages au retour à la maison.

Le PNUE, le Ministère français de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement Durables et le ministère brésilien du Tourisme, ainsi que le ministère brésilien pour l’Environnement ont participé au lancement de cette campagne.

Consulter le site de la campagne

30 mars 2010 at 10 h 08 min Laisser un commentaire

Vos définitions du tourisme autrement

Il y a quelques semaines nous vous proposions lors de notre chronique dans Cocktail curieux de nous soumettre vos définitions du tourisme autrement.

En voici quelques échantillons:

Le « tourisme autrement » est l’antipode du tourisme de consommation. On ne « fait » pas un pays, mais on le découvre à travers ses paysages, sa faune et sa flore, à travers ses habitants, mais aussi à travers sa ou (ses) culture(s), son patrimoine, ses expressions artistiques et sa religion. On s’y glisse avec gourmandise, curiosité mais surtout avec respect. On le laisse vous imprégner en veillant constamment à tenir en veilleuses nos stéréotypes et nos idées toutes faites. On se laisse envahir par ce qu’on y découvre, avec la plus grande ouverture d’esprit possible…

Catherine Wielant de Thoricourt


« Dans ma définition il y aurait « paysagesssss », « regard », « prendre le temps ».  Dans ma définition il n’y aura pas trop de kilomètres et pas de kérosène.  Ce serait moins un départ qu’une présence à soi-même et à la nature dont nous faisons partie.  Ce serait surtout prendre le temps de voir les paysages mais aussi l’environnement de façon générale autrement.  Et pour cela il ne faut pas aller bien loin mais il faut impérativement (dans ma définition toujours) beaucoup, beaucoup de nature. »

Bénédicte

« loin des foules…de touristes mais vers une vraie rencontre de gens du pays… »


« les sens ouverts sur les paysages, parfums, saveurs, musiques, arts d’un ailleurs différent… »


« avec le souci de connaître des habitudes, des coutumes, des traditions ou modes de vie  …sans imposer les siens par l’infrastructure touristique (ne pas « prendre leur eau » comme dans certains sites de Marrakech) ou la logistique lourde (des véhicules écrasant la végétation) dans un environnement dont la fragilité, la préservation jusqu’à aujourd’hui en font la qualité… « 

Chantal Linden

« C’est un voyage qui donne du sens à sa vie; qui nous fait réfléchir sur notre condition humaine et qui  nous rend témoin d’autres réalités vivantes en apportant un soutien d’autres terriens, si différents et tellement semblables ! »

Bernadette Harcq

29 mars 2010 at 14 h 58 min Laisser un commentaire

Tourisme chez l’habitant

Tourisme autrement vous recommande vivement l’écoute régulière de l’excellente émission Au détour du monde, animée par Sandrine Mercier chaque dimanche à 16 heures. Hier c’était la tendance du tourisme chez l’habitant qui était abordée. Discussions avec les invités et reportages nous font (re)découvrir ce tourisme autrement qui fait la part belle aux rencontres et à l’authenticité. Créés au sortir de la guerre pour limiter l’exode rural, les premiers gîtes ruraux chez l’habitant ont ouvert la voie à ce concept aujourd’hui très développé, notamment avec les bed&breakfasts. Les Gîtes de France sont à l’heure actuelle le premier réseau mondial de tourisme chez l’habitant.

Avec la foule d’informations que l’on trouve aujourd’hui sur Internet et la multiplicité des guides touristiques, les voyageurs sont abreuvés d’informations mais l’aspect humain est toujours manquant. Le tourisme chez l’habitant pallie à cette carence en redonnant « du sens aux vacances ». Les hôtes sont d’excellentes sources de bons conseils et de tuyaux pour sortir des sentiers battus.

Ecouter l’émission en entier en podcast

29 mars 2010 at 11 h 40 min Laisser un commentaire

De l’importance du déplacement ferroviaire dans un tourisme responsable

Une réflexion de Gérard Watelet sur le rail comme part essentielle du tourisme durable.

Passionné depuis ma prime enfance par les voyages en train, cartésien de nature, j’ai toujours cherché d’où venait cette passion et ce qui la portait ainsi depuis tant d’années. Historiquement, c’était simple : vacances familiales à bord de trains diurnes et nocturnes vers la Suisse et l’Italie, premières expériences d’adolescent découvrant la richesse de l’Europe par le rail qui alors s’imposait, toute une ambiance dont je veux aujourd’hui analyser la magie.

Même si certains ne supportent pas de voyager à contresens et d’autres ne se sentent pas bercés par le train de nuit, je n’ai jamais, d’Irlande en Turquie, de Laponie en Andalousie, jamais rencontré quelqu’un qui ne se sentait pas en sécurité en train. Quand les voyageurs sur route sont parfois plus crispés sur un volant imaginaire que leur conducteur, quand les sueurs froides ne sont pas rares sur le front des voyageurs aériens, quand le teint de bon nombre de voyageurs maritimes ferait jalouser un caméléon, le train nous met en confiance et délie les langues, permettant ainsi à qui le souhaite une relation parfois éphémère mais souvent enrichissante avec la population des régions traversées. Les anecdotes dans ce sens sont nombreuses et l’existence même d’un festival cinématographique tel que Cinérail l’atteste au plus sceptique.

Cette confiance permet aussi de mieux jouir de merveilleux paysages, dont les pionniers du rail du XIXème siècle ne nous ont pas privés. Celui qui, ferroviairement, a suivi les berges du Rhin ou celles du Douro, a escaladé la Jungfrau ou le sommet de l’île de Man, a parcouru les gorges de la Selja ou longé la côte d’Azur, pourra le confirmer : nulle part ailleurs qu’en train, il n’est possible de profiter autant de ces sites dans toute leur splendeur.

A l’heure où nos esprits n’ont plus droit à l’inconscience quant aux conséquences de nos choix en matière de déplacements, le train retrouve toutes ses lettres de noblesse. Point n’est besoin ici d’encore étudier ses retombées sur l’environnement : tant d’études ont démontré que pour une infrastructure somme tout limitée, le rail offrait le meilleur rapport déplacement/pollution.

Et puisque nos consciences s’éveillent aussi au devenir de régions parfois défavorisées, il ne nous échappera pas qu’utiliser touristiquement des lignes menacées de désaffection ne peut que contribuer modestement mais sûrement à leur pérennité au profit des populations locales. Je ne prendrai comme exemple que les deux superbes lignes traversant les Cévennes, où depuis deux ans, des élus locaux imposent manu militari un arrêt quotidien  à un train qui a oublié son rôle de lien entre les régions.

En matière de tourisme ferroviaire, tout reste à faire…. et nous sommes concernés ! Laissons à la grande vitesse le soin de nous transporter rapidement vers la région que nous voulons découvrir. Osons le train traditionnel  pour aller vers les autres et vers leur patrimoine.  A moi de vous faire découvrir les multiples possibilités de découvertes en train et c’est ce à quoi je m’engage à chaque parution de cette lettre d’information.

Gérard Watelet (www.trencostudies.be)

29 mars 2010 at 10 h 30 min 1 commentaire

Earth Hour, rejoignez le côté obscur

Ce samedi est organisée la quatrième édition d’Earth Hour. Cette initiative propose d’éteindre la lumière pendant une heure afin de promouvoir la lutte contre le réchauffement climatique. De l’opéra de Sydney à la Tour Eiffel en passant par les pyramides du Caire, nombre de grands monuments participent à cette action et couperont leur éclairage samedi soir à partir de 20h30.

Le mouvement Earth Hour, une initiative du WWF, a pris naissance en Australie en 2007 lorsque plus de 2 millions de personnes s’étaient plongées dans l’obscurité pour dénoncer la consommation excessive d’électricité.

Samedi, ce sont plus de 1.200 bâtiments à travers le monde qui ont prévu d’éteindre la lumière. Des groupes multinationaux comme Google, Coca Cola, Hilton, McDonalds, Canon, HSBC et IKEA se sont associés à l’évènement. La Chine, devenu le plus gros pollueur de la planète, participe également avec un « black-out » pour la Cité interdite et pour le Nid d’oiseau, le stade des jeux Olympiques de Pékin en 2008.

Suite à l’échec reconnu de la conférence de Copenhague, Earth Hour peut être un outil de plus pour signifier à nos dirigeants que des engagements conséquents sont à prendre.
Pour le WWF, « nous devons, via cette action symbolique, maintenir la pression sur les chefs d’Etats et de gouvernement afin qu’ils montrent beaucoup plus d’ambition lors de la prochaine conférence des Nations Unies sur le climat à Cancun, au Mexique, fin 2010. »

Les Belges sont encouragés à participer à l’évènement par une campagne amusante qui prend pour héros Dark Vador, rebaptisé pour l’occasion Dark Vadehors. Jérémie Rénier, qui campe le personnage déclare: « il est important de soutenir ce genre d’actions, surtout en tant que parent. Il est indispensable de penser au devenir de notre planète. Participer à Earth Hour est à la portée de tous et permet de tous nous sensibiliser aux problèmes écologiques et climatiques actuels. »

A Bruxelles, l’église royale Ste-Marie, la basilique de Koekelberg, ou encore la tour RTBF/VRT seront éteintes. Tout le monde peut participer simplement en éteignant les lumières au moins pendant une heure, le 27 mars 2010, de 20h30 à 21h30.

Plus d’infos sur : www.wwf.be/earthhour.

26 mars 2010 at 11 h 01 min Laisser un commentaire

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