Tourisme et réchauffement climatique ?

9 avril 2010 at 11 h 04 min Laisser un commentaire

De complice …

Les Nations Unies ont officiellement reconnu en 2007 lors de la conférence de Davos la contribution active de l’industrie touristique au réchauffement climatique. « Facteur de croissance indispensable à l’économie mondiale, le tourisme contribue pour une part importante au réchauffement climatique. (…) Faute de contre-mesure, cette part croîtra de façon disproportionnée par rapport à d’autres secteurs, en raison de la forte croissance du tourisme », a indiqué alors Eric Scheidegger, directeur-adjoint du Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO).

Selon un rapport présenté par les agences de l’ONU pour le tourisme, l’environnement et le climat, si aucune mesure n’est prise, l’impact du tourisme sur le changement climatique augmentera de 150% au cours des 30 prochaines années.

Les faits parlent d’eux-mêmes. Le tourisme est responsable d’environ 5% des émissions CO2 globales, soit 4,6% du réchauffement climatique.

Le secteur du transport (aérien, maritime et rail) est le plus polluant puisqu’il constitue 75% des émissions imputables au tourisme. Le trafic aérien est considéré comme le premier contributeur au réchauffement climatique avec une augmentation de 87% des GES  entre 1990 et 2004. En 2006, 4 milliards de touristes internes ont été recensés; 846 millions de personnes ont voyagé hors de leur pays, soit l’équivalent de la population du continent africain et 45% d’entre eux ont effectué leur voyage en avion. En 2008, plus de 22 millions de passagers ont transité par la Belgique. En 2010, c’est 1,1 milliard de visiteurs internationaux qui sont annoncés et 1,6 milliard en 2020 selon les prévisions de l’OMT.

Le secteur hôtelier émet quant à lui près de 20% des émissions du domaine touristique. Ceci implique l’air conditionné, le chauffage, la maintenance des bars, piscines, restaurants…
Selon l’OMT, la hausse des flux de voyageurs pourrait faire augmenter les émissions de gaz à effet de serre de 150% ces 30 prochaines années.

… à victime

Si de prime abord les effets positifs sautent aux yeux (hausse des températures, allongement de la saison touristique, développement de régions touristiques auparavant peu attractives…), les effets négatifs sont tout aussi présents et dangereux : élévation du niveau des mers, désertification et menaces pour la biodiversité, fonte des neiges et glaciers… Voyons d’un peu plus près ces menaces.

– Les îles et régions côtières
Les régions au niveau peu élevé sont en grand danger. Les îles Maldives, Tuvalu et Tonga pourraient disparaître d’ici quelques dizaines d’années si rien n’est fait pour stopper l’augmentation des températures.  Les Maldives, dont l’économie s’est principalement développée grâce au tourisme, s’inquiètent de leur sort et lancent un cri d’alarme : si la température continue à augmenter ces joyaux de l’océan Indien auront disparu en 2100. Sans chercher au bout de la planète, les Pays-Bas ou encore Venise sont aussi menacés.
Une hausse de 4 degrés et un cinquième de la population mondiale pourrait être confronté à des inondations. A Venise, des sommes conséquentes sont déjà investies pour limiter les prochains dégâts.
L’élévation du niveau de la mer pose également le problème de l’érosion des littoraux. Qu’adviendra-t-il des stations balnéaires dans les régions touchées par cette érosion? L’économie de nombreuses villes côtières repose sur les revenus touristiques saisonniers.
D’autre part, il y a une très forte probabilité de lien entre la hausse des températures des océans et la multiplication des cyclones et tempêtes tropicales. Très fréquents dans la région Caraïbes, ils menacent fortement le secteur  touristique.

– Les stations de ski et les glaciers
La fonte des glaces et le recul des zones enneigées mettent en péril les stations de moyenne altitude qui vont recevoir moins de neige. Face à l’exode rural et à la réduction des activités agricoles, les stations de ski étaient devenues des sources d’activités et donc de revenus conséquentes pour les populations des villages de moyenne altitude qui s’étaient orientés vers une activité touristique. Ces stations doivent d’ores et déjà penser à une reconversion de leurs activités car les dommages d’une hausse des températures sont irréversibles.  Une hausse de 2° et 60% du domaine skiable des Alpes bavaroises seront irrémédiablement perdus.

– Les forêts et la perte de la biodiversité
L’évolution des écosystèmes et les hot-spots de biodiversité qui attiraient les touristes pour leur rareté et leur fragilité sont en danger de disparition. Le nombre d’espèces animales et végétales en grand danger a augmenté de 7% entre 2004 et 2006.
Une hausse de 1,5 à 2,5 degrés suffirait à mettre en péril 20 à 30% de la faune et de la flore mondiales.
De larges surfaces de forêts seront appelées à disparaître (incendies plus nombreux, passage à une végétation de type brousse ou steppe…). Ces pertes de forêts seront également synonymes d’une diminution des capteurs pour le carbone.

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