Soutien au film « Une semaine à Parajuru »

12 avril 2010 at 12 h 12 min 1 commentaire

Tourisme autrement appuie la campagne de soutien au film de José Huerta, « Une semaine à Parajuru ».


Parajuru est un village de pêcheurs situé sur la côte Nord-est du Brésil. Depuis trois ans, une Autrichienne fortunée, Giselle, y investit pour le développement du tourisme. Achat de terrains, construction de maisons, hôtel de luxe… Gisi, comme on la nomme là-bas, occupe donc le terrain économique mais également le terrain social. Elle a construit une école pour les enfants du village, elle organise des cours d’allemand et d’anglais. Certains jeunes effectuent même des stages en Autriche.
Une partie de la population du village s’interroge sur les intentions de cette femme qui achète tout, sans jamais communiquer avec ses habitants. Mais l’économie du tourisme ne profite que très peu à la population du village, et celle-ci s’inquiète des conséquences à long terme de ce tourisme non maîtrisé. Leurs craintes sont confortées par d’autres exemples, dans la région. Le premier est Canoa Quebrada, ancien village de pêcheurs traditionnels, devenu en quelques années un lieu à la mode. De nombreux hôtels ont été construits, faisant monter les prix de l’immobilier et repoussant les habitants à l’écart. La prostitution s’est développée au même rythme. Et les Jangadeiros, pêcheurs traditionnels, promènent désormais les touristes.
Chico Mariano, le président des pêcheurs de Parajuru, a un point de vue sur la question. S’il n’a rien contre les projets de Gisi, il sait que le développement d’un tourisme non maîtrisé peut détruire peu à peu la cohésion du village. Il sait également que la réserve naturelle, toute proche du village, attise la convoitise de Gisi et d’autres spéculateurs.
Gisi n’est pas un personnage facile à approcher et encore moins à questionner et elle n’a pas souhaité s’exprimer dans ce film. Elle rachète toutes les terres et devient peu à peu le seul opérateur économique à Parajuru. Elle ne parle pas portugais et finit par imposer aux habitants la langue allemande s’ils veulent trouver du travail dans le tourisme.
Parajuru est en train de passer dans un autre monde. Le film montre cette transformation. Il dévoile également comment, insidieusement, des techniques d’intégrations sont orchestrées, à travers le mécénat social ou des concepts à la mode, comme le développement durable.

Ce film dresse un portrait de ce village en pleine mutation, tiraillé entre le désir d’un développement économique et la préservation d’un mode de vie. Grâce aux différents visages de Parajuru, le film propose une réflexion sur la mondialisation, en marche, inéluctable. Et sur ce tourisme qui, lorsque la parole de la population est confisquée, prend le visage de la colonisation, sous une nouvelle forme.

Le documentaire est diffusé en avril 2009. Mais suite à sa projection, les investisseurs autrichiens décident de porter plainte contre le réalisateur. Aujourd’hui, ils attaquent José Huerta avec 8 procès au Brésil et demandent 60 000 euros de dommages et intérêt. C’est pourquoi une campagne de soutien est lancée afin de diffuser l’information et d’éviter toute corruption.

La campagne s’articulera sur 3 thèmes : défense de la liberté d’expression, dénonciation des pratiques abusives dans le tourisme de masse et soutien au village de Parajuru pour la préservation de sa culture et de son environnement (le site de l’association des habitants sera bientôt en ligne). La vente du DVD du film et les projections en France aideront au règlement des frais du procès.

Le site de la campagne

Le mercredi 14 avril aura lieu une projection presse à paris. Le député Européen José Bové  a l’intention d’aborder  le dossier avec ses collègues du parti Vert Autrichien, notamment sur les aspects de blanchiment d’argent (un des investisseurs autrichiens serait impliqué dans un scandale de détournement d’argent public en Autriche).

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Premières Rencontres du Tourisme durable La caravane solidaire

Un commentaire Add your own

  • 1. André Girod  |  28 janvier 2013 à 15 h 51 min

    Voir  » Tourisme de destruction massive » par André Girod

    Réponse

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