Archive for octobre, 2010

Photos du Salon du Tourisme durable

Les photos du Salon sont disponibles sur PICASA:

Salon du Tourisme durable, éthique et équitable
Salon du tourisme durable, éthique et équitable
Salon du tourisme durable, éthique et équitable
Salon du tourisme durable, éthique et équitable

20 octobre 2010 at 10 h 16 min 1 commentaire

Pourquoi je soutiens le Salon du Tourisme durable ?

par Claudine Brasseur

Le village d’à côté n’est plus à la hauteur des exigences du consommateur. Il faut aller loin, toujours plus loin. La «démocratisation» des voyages exotiques de masse apporte un sérieux coup de pouce aux amateurs de sensations neuves, de grands espaces, de dépaysement ou tout simplement de plage fine avec buffet à volonté.

Le tourisme, une manière comme une autre de consommer l’autre, distraitement, rapidement, confortablement. A peine si on y touche, d’ailleurs : il fait partie du paysage, soit, mais ce qui intéresse le tourisme de masse, c’est ce qu’il y a en « background » de cet autre qui est tout sauf un alter ego : ses « big five » en Afrique, ses cultures en terrasse en Asie, ou ses lamas en Amérique latine.

D’aucuns commencent à prendre conscience des dérives et nuisances de ce tourisme consumériste et post-colonial : pistes de 4 x 4 ravinées, aucun retour pour les populations locales, danger pour les gouvernements de tout miser
sur une seule source d’entrée de devises, et plus sournoisement mais tout aussi dangereusement à long terme, acculturation et perte de repères pour les populations locales.

Le Tourisme Autrement n’exclut pas toutes les conséquences qu’entraîne le tourisme (que feront ces pays quand le prix du kérozène empêchera les éco- touristes de prendre l’avion ?), mais il est l’une des voies d’une réelle approche de l’Autre. Celui dont on désire comprendre la culture, celui que l’on respecte dans son altérité, celui avec qui le désir de partage est réel. Le tourisme équitable et éthique se base sur la dignité de l’autre e de soi-même. Il permet aussi à de petites communautés du désert, de la forêt amazonienne ou de la campagne vietnamienne de vivre mieux, et à leurs enfants d’avoir accès à l’élémentaire : l’école, et une promesse de vie meilleure. Il permet aussi à ces peuples de mieux conserver leur environnement, pour le bien-être de toute la planète, d’ailleurs !

Voilà pourquoi j’adhère aux efforts que fait le Salon du Tourisme autrement pour changer le regard que nous avons sur l’Autre, et pour semer ces petites graines qui, un jour, pourront faire éclore sur nos terres un autre rapport à la nature et à la vie.

10 octobre 2010 at 15 h 07 min Laisser un commentaire

Sahara, Sahel : Quand l’organisation du tourisme repose entièrement sur les opérateurs privés…

Réponse de Pascal Lluch et Jean-Pierre Lamic de V.V.E suite à la publication d’une analyse de Maurice Freud sur la situation du tourisme en zone Sahara-Sahel.

En cette fin septembre, la nouvelle est tombée, le principal affréteur au Sahara et au Sahel, la coopérative Point Afrique, a décidé de stopper la quasi-totalité de ses dessertes aériennes sur la zone.
Parmi les destinations annulées, trois desservaient l’Algérie, à savoir Tamanrasset, Djanet et Timimoun, une autre le Niger : Agadez, Atar en Mauritanie et Gao au Mali. La seule destination maintenue par le tour-opérateur français est Mopti, porte d’accès vers le pays Dogon au Mali, qui peut être rejoint également via Ouagadougou au Burkina Faso (vols réguliers).
Au-delà des explications géopolitiques, vraisemblablement pour une large part fondées , fournies par le président de Point Afrique , au-delà des avis du MAEE, toujours aussi peu précis sur les véritables zones à risque et les autres qui subissent l’amalgame (aspect encore renforcé par la récente loi Kouchner), nous souhaitons faire un bilan des pratiques d’un tourisme que nous avons jugé, dans divers écrits, peu responsable.

Depuis une quinzaine d’années, tout le tourisme vers les zones sahélo-sahariennes reposait sur la chartérisation du Sud algérien, de l’Adrar mauritanien, du Mali et du Niger, à l’exception notoire de la Libye. Cette typologie de tourisme de très courts séjours (8 jours), bien particulière, a, qu’on le veuille ou non, des incidences spécifiques sur les territoires de destination.

Elle se caractérise par une utilisation des savoirs faire locaux, la consommation des ressources naturelles, la production de déchets dont on ne sait que faire, l’accentuation de déséquilibres sociaux (enrichissements privés plutôt que collectifs), etc., sans que les populations puissent en tirer un bénéfice durable, utilisable en dehors du strict cadre du tourisme, d’autant que toute l’économie locale repose alors sur de dernier.
En d’autres termes, ce tourisme de consommation n’a pas ou très peu d’effet de levier économique local durable.
Ce tourisme concentré dans l’espace et dans le temps sur des « spots » induit une dépendance de fractions réduites de la population à une activité portant elle-même ses propres fragilités.

Aujourd’hui, après 15 ans d’activité, ce tourisme n’a pu se structurer sur place ; ni les Etats, ni l’aide au développement, ni les opérateurs touristiques n’ont su créer des filières de formation menant à des diplômes validés et reconnus. Il n’existe pas de chaînes de compétences entre les différents acteurs de ces territoires.
Les savoirs faire structurés, les reconnaissances sociales auraient pu être transférables à d’autres activités que l’on aurait développées pendant les périodes hors-saisons et favoriser ainsi une diversification économique garante d’une certaine pérennité du mieux être apporté.

Aujourd’hui, alors que l’activité touristique disparaît probablement pour une longue durée, cette jeunesse qui a pu connaître une relative aisance matérielle passagère, fréquenter nos modes de vie et de pensée, ne ressent que frustration et abandon.
Tandis que d’autres leur promettent argent facile, aventure, impunité, camaraderie, enrobé dans un discours plus ou moins religieux et revanchard…

Absurdité de l’histoire touristique de ces territoires que V.V.E. n’a eu de cesse de dénoncer, prêchant seule dans le désert…

Reprenons ce que nous écrivions dans un passé récent, alors que le tourisme chartérisé semblait avoir encore de belles saisons devant lui :
« Notons de plus que ce type de développement touristique ne s’inscrit pas dans un schéma de développement économique du pays d’accueil, d’une politique souhaitée et maîtrisée par le pays visité.
La création d’un axe chartérisé, saisonnier, vers un point précis et unique d’un territoire, correspond à un formatage touristique (le produit 8 jours à coûts minimums).
Il est créé par des acteurs du Nord (le marché émetteur), pour des consommateurs du Nord.
Le développement d’un tourisme durable, passe t-il par l’exploitation d’un territoire jusqu’à l’overdose (on a vu s’ériger plus de 50 auberges à Chinguetti), et une mise en concurrence exacerbée entre les opérateurs locaux ?
La mise en place d’un tourisme responsable passe t-il par la dépendance quasi-absolue à une mono industrie touristique d’une très petite part de la population d’un pays ?
Un tourisme diffus, irriguant des territoires plus vastes, permet de multiplier les leviers économiques sans créer de dépendance totale à une activité par nature volatile, et en général très peu maîtrisée par les populations locales.
La liaison directe France/Atar a asséché d’autres régions de Mauritanie qui commençaient à voir arriver quelques touristes (le Tagant par exemple), et suspendu dans son élan le développement d’une chaîne d’infrastructures adaptées et de bonne qualité à Nouakchott ». « Cet épisode illustre une fois de plus le fait que la notion de tourisme durable qui repose sur la compréhension d’un territoire est bafouée un peu partout sur la planète au gré des intérêts mercantiles des opérateurs privés. De plus, il met en lumière l’urgence d’établir un fonds de solidarité pour les pays dont l’activité touristique se trouve sinistrée par des faits divers relatés dans les médias, agissant sur les peurs rationnelles ou pas (l’une des principales revendications portées par V.V.E.) ».
Le tourisme qui repose à 100% sur des charters saisonniers est une aberration économique, sociale, tout autant qu’environnementale par les surcroits d’émission de gaz à effet de serre engendrés.

Cette dépendance totale aux charters le rend extrêmement vulnérable, c’est ce que démontre aujourd’hui de manière criante la situation au Sahara et au Sahel.

Certains qui jusque hier ne remettaient nullement en question ce développement touristique, voire en faisaient un modèle de réduction de pauvreté, commencent à admettre tacitement qu’heureusement qu’il y a des vols réguliers sur certains axes (Tam / Djanet), pour le cas où il y aurait des clients.

Si le tourisme en Mauritanie n’avait pas été basé sur le seul vol direct à Atar, les voyagistes et les touristes auraient conservé l’habitude de passer par Nouakchott. Le tourisme aurait pris certainement un peu moins d’ampleur dans l’Adrar mais se serait diversifié. Partout c’est une meilleure répartition spatiale et temporelle des bénéfices et des retombées économiques qui se serait produite. Nous aurions également évité bien des surfréquentations à certaines époques.

Face à la Françafrique et à AREVA, le tourisme n’a jamais pesé lourd : rien sur le terrain de la géostratégie, et bien peu en terme économique. Plus rien aujourd’hui.

Mais, dans une véritable dynamique de tourisme responsable, nous aurions pu faire beaucoup mieux…

Décidément, du Sahara au Sahel, en passant par les littoraux ou les stations de sports d’hiver, la gestion des territoires touristiques, leur appropriation devrait-on dire, par des intérêts privés, à qui est de fait délégué l’aménagement du territoire, induit, à terme, toujours un développement à rebours de l’intérêt des habitants.

Quel tourisme pourra renaître une fois le calme revenu sur ces zones ?
Une ligne aérienne de charter saisonnière s’arrête net dès que sa rentabilité passe en dessous d’un certain seuil, vite atteint dès qu’une petite partie de la clientèle fait désaffection, puisque les prix sont tirés au plus bas.

Espérons qu’il sera possible de structurer une activité viable, concertée, mesurée et durable avec les acteurs locaux».

Pascal Lluch et Jean-Pierre Lamic pour V.V.E.

Petite revue de presse pour ceux qui souhaitent des informations sur les aspects politiques de la situation de ces territoires :
http://www.rue89.com/2010/09/22/niger-on-risque-une-somalisation-de-la-region-167787?page=1
http://www.rue89.com/tag/otages
http://www.courrierinternational.com/article/2010/09/24/pourquoi-les-francais-sont-devenus-une-cible-en-afrique
http://www.rue89.com/explicateur/2010/09/24/niger-les-cinq-francais-otages-de-la-guerre-des-chefs-daqmi-168132

7 octobre 2010 at 11 h 17 min 2 commentaires

La Journée européenne du tourisme promeut des itinéraires culturels dans l’UE

Communiqué de presse de la Commission Européenne, DG Entreprise et Industrie

La Commission européenne, le Parlement européen, certains États membres et le Conseil de l’Europe sont déterminés à renforcer leur coopération en vue de promouvoir les «itinéraires culturels». Tel est le message clair que les principaux acteurs européens du secteur du tourisme ont délivré aujourd’hui à Bruxelles, où la Commission célèbre la Journée européenne du tourisme à l’occasion de la Journée mondiale du tourisme. Depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne le 1er décembre 2009, l’Union européenne a pour mission, d’une part, de promouvoir la compétitivité de son secteur du tourisme, dans un souci de développement durable et de qualité et, d’autre part, d’accroître la visibilité de l’Europe en tant que destination touristique d’exception.

M. Antonio Tajani, vice‑président de la Commission européenne, chargé de l’industrie et de l’entrepreneuriat, a déclaré: «Nous devons veiller à ce que le secteur du tourisme européen reste au premier plan des solutions innovantes. Le concept d’itinéraires culturels contribue à la diversification de l’offre touristique européenne. Il répond à la demande croissante de touristes qui souhaitent découvrir de nouvelles destinations et d’autres cultures. Dans ce contexte, la Commission, conformément au nouveau traité de Lisbonne, peut jouer un rôle important par la coordination des politiques nationales et le renforcement de leur impact».

«Les itinéraires culturels sont une démonstration concrète des principes fondamentaux de l’Europe: droits de l’homme, démocratie culturelle, diversité et identité culturelles, dialogue et échanges mutuels» a déclaré Mme Androulla Vassiliou, commissaire chargée de la culture, du multilinguisme et de la jeunesse.

Les itinéraires culturels européens sont un produit touristique paneuropéen authentique. Thème de la Journée européenne de tourisme de cette année, ces itinéraires pourraient évoluer vers un programme plus global, profitant à la fois au secteur et aux Européens. Ils pourraient également réduire la concentration géographique et saisonnière de touristes en proposant un nouveau modèle de tourisme et en renforçant la citoyenneté de l’UE par la découverture de notre patrimoine commun. Parmi ces itinéraires, citons notamment la piste cyclable du Rideau de fer, la route des Phéniciens, les routes de l’olivier et la Via Francigena. (Voir Memo/10/446 pour un aperçu complet des itinéraires dont il est question aujourd’hui).

La conférence de ce jour réunit de nombreux membres du Parlement européen, la Présidence belge, des ministres chargés du tourisme de plusieurs États membres, des représentants de différentes autorités régionales de l’UE et la Commission européenne, qui témoignent ainsi de leur volonté d’œuvrer au développement et à la promotion des itinéraires culturels.

L’Union européenne peut contribuer à la diversification de l’offre et encourager les flux intraeuropéens en élaborant des produits touristiques thématiques à l’échelle de l’Europe.

En marge de la conférence, le vice‑président M. Tajani a servi d’intermédiaire entre plusieurs États membres de l’UE qui ont signé les deux protocoles d’accord suivants visant à lancer ensemble certaines initiatives dans le domaine du tourisme:

  • l’Italie et la France, qui pourraient être rejointes bientôt par le Royaume-Uni et la Suisse, ont signé un protocole par lequel elles s’engagent à mettre au point une stratégie commune à long terme pour la protection et la promotion des itinéraires culturels, en commençant par la «Via Francigena», un ancien chemin de pèlerinage allant de Cantorbéry à Rome;
  • l’Espagne, l’Italie et la France sont également convenues d’un logo «Passion européenne» pour la commercialisation commune de leur offre touristique sur les marchés BRIC.

Pour en savoir plus sur les itinéraires culturels:

MEMO/10/446

http://ec.europa.eu/enterprise/sectors/tourism/index_fr.htm

http://www.coe.int/t/dc/files/Events/itineraires/default_fr.asp

5 octobre 2010 at 9 h 37 min 1 commentaire


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