Posts tagged ‘eau’

Tourisme et eau

Mercredi, le jour de notre rendez-vous hebdomadaire sur les ondes. Sujet du jour: Tourisme et eau.

L’eau, c’est la vie. C’est ce qu’affirme Eric Orsenna, académicien français de renom, lorsqu’il dit « que l’eau c’est le miroir des populations et qu’en absence d’eau, il n’y a pas de dignité pour l’homme ». Donc préservons-la, y compris en vacances.

Les enquêtes sont claires : la présence d’eau, pour la baignade ou pour la pratique de sports aquatiques, est un élément primordial dans le choix d’une destination par les touristes occidentaux, qui représentent plus de la moitié des touristes internationaux. Il ne faut d’ailleurs pas aller très loin : voyons ce qui se passe sur les côtes de la mer du Nord dès qu’il y a un rayon de soleil.

La pression démographique dans les zones de baignade, le non respect du milieu aquatique (déversement des eaux usées, vidange des moteurs de bateaux, rejet de déchets en tous genres en particulier les sacs en plastique),  entrainent une modification de l’équilibre naturel, la destruction de la biodiversité, de la flore sous marine et l’érosion du littoral dans de nombreux pays du Sud. A terme, le tourisme non maîtrisé détruit ce qui est l élément d’attractivité touristique. Des exemples : dans les Caraïbes, 90% des eaux usées des hôtels sont rejetées directement dans la mer. Selon le PNUD, un bateau de croisière déverse 70.000 tonnes de déchets par an.

Même en Europe où des efforts ont été réalisés et des mesures contraignantes prises par les pouvoirs publics, on voit encore trop souvent des poubelles qui débordent dans nos lieux de vacances et des touristes paresseux, jouant au Petit Poucet en balisant leur parcours sur la plage de détritus en tous genres. Pas très séduisant pour les autres touristes et encore moins pour les hôtes des lieux.

Un autre problème: la consommation excessive, voire abusive, d’eau par les touristes

A l’heure actuelle, plus d’un milliard cinq cent mille personnes n’ont pas accès à l’eau potable. C’est notamment le cas dans beaucoup de zones dans lesquelles sont implantées des industries touristiques, grandes consommatrices d’eau.

Les chiffres sont éloquents : un touriste utilise 4 fois plus d’eau que le citadin moyen et sous les tropiques cela monte à 7 à 10 fois plus d’eau. En Méditerranée, durant la saison touristique, le touriste consomme près de 850 litres d’eau par jour c’est-à-dire 4 fois la consommation moyenne par jour d’un citadin. Les hôtels de luxe, équipés de piscines, de golfs etc, consomment jusqu’à 836l par jour et par chambre alors que les petits hôtels qui gèrent durablement leur eau atteignent 187 litres.

Pour les populations des pays d’accueil, les conséquences sont lourdes: rationnement de l’eau, nécessité d’acheter de l’eau en bouteilles pour satisfaire leur consommation privée. Cette eau coûte mille fois plus cher que l’eau du robinet, participe à la réduction du niveau de vie de ces populations et contribue à aggraver la pollution et le réchauffement climatique.

A qui la faute dans cette non gestion de l’eau ?

La réponse est loin d’être aisée. La démocratisation du tourisme par la baisse des coûts pour des séjours dans des pays du Sud s’est faite aux dépens d’un certain nombre de valeurs parmi lesquelles la gestion de l’environnement. Celle-ci a un coût auquel certains opérateurs touristiques en recherche de profits immédiats sacrifient volontiers . En l’absence de réelles mesures coercitives, c’est trop souvent le règne du n’importe quoi qui donne l’illusion aux touristes que tout est accessible à bas prix mais sans mettre en évidence les impacts négatifs.

Ceux-ci ne sont  pas toujours perçus en quelques jours de vacances. Il nous semble donc important de rappeler au touriste-consommateur que préserver un milieu cela coûte et que s’il veut en bénéficier pour sa pratique touristique aujourd’hui, et pour celle de ses enfants demain, il doit aussi tenir compte de l’impact financier au moment où il choisit sa destination et ne pas choisir uniquement en fonction d’un bas prix.

Quelles sont les bonnes pratiques pour être un touriste responsable ?

Adopter des comportements de bon sens, aisés à mettre en place, basés sur la co-responsabilité de tous dans la gestion de la Planète, des pratiques qui ne perturbent en rien le bon déroulement de vos vacances et le plaisir de bénéficier de l’eau. Ces bonnes pratiques sont à adopter dans le tourisme de proximité comme dans le tourisme international.

Quelques exemples:

Limiter les douches même par temps caniculaire et les préférer aux bains, fermer les robinets, limiter la consommation de draps et serviettes et suivre les instructions des hôteliers responsables, ne pas utiliser de détergents polluants.

Et surtout choisir un opérateur touristique qui adopte des mesures de gestion durable de l’eau. Ne pas hésiter à l’interroger. Au Pérou, une petite association Incaguides, propose un circuit « les enfants de l’Amazone »  basé sur la récolte d’eau pour en faire comprendre l’importance pour la survie des populations locales.

Enfin,  si vous voulez en savoir plus sur la qualité des eaux de baignade en Europe, destination de plus de la moitié des touristes internationaux, un site www.eea.europa.eu.

Et surtout bonnes vacances de Pâques…

Vous pouvez écouter cette chronique en podcast sur le site web de la Première RTBF.

31 mars 2010 at 15 h 55 min 1 commentaire

Coup de coeur pour « Tibet, l’âme des hauts plateaux »

N’hésitez plus et précipitez-vous aux dernières diffusions du reportage de Sabine Verhest diffusé par l’asbl Voir le Monde jusqu’au 1° avril!

Ce magnifique reportage photo nous entraîne à la rencontre des peuples tibétains, empreints de l’âme qui habite le toit du monde. L’image fixe, défendue par l’association voir le Monde dans chacun des reportages diffusés, nous permet d’appréhender avec douceur les paysages parcourus et les belles rencontres…

On croise les regards fiers des nomades du Kham, on vibre avec les cavaliers fougueux et les archers enivrés de l’Amdo, on lève le voile sur le décor monastique du bouddhisme lamaïste, on part en quête d’une vie meilleure sur les traces des pèlerins du Mont Kailash.

On écoute les souvenirs des exilés qui ont laissé leur pays derrière eux, entreprenant une traversée des plus périlleuses pour traverser l’Himalaya et vivre librement leur culture tibétaine.  Des instants de grâce et des moments de joie simple.

On ne peut parler du Tibet sans aborder les problèmes politiques liés à l’occupation chinoise et le reportage de Sabine Verhest est d’ailleurs ponctué de propos du Dalaï Lama qu’elle a eu l’opportunité de rencontrer. On découvre qu’au Tibet se trouvent les sources de quasi tous les grands fleuves d’Asie (irriguant près de 85% des Asiatiques). On comprend donc l’enjeu géopolitique non négligeable que représente ce territoire pour la Chine, sans compter les nombreuses ressources du sol (or, cuivre, coltan, pétrole…) encore non exploitées.

Le plateau tibétain est une terre de contrastes. On passe des terres caillouteuses arpentées par les pèlerins, à Lhassa, où vivraient 9 Chinois pour 1 Tibétain, devenue une vitrine aux enseignes commerciales clinquantes (Etam, Adidas…). On regrette également la folklorisation galopante due au tourisme (mises en scènes des moines…).

En définitive, ce que l’on gardera en mémoire, ce sont plutôt  les mille et uns visages qui émaillent le reportage, images d’un Tibet fragile mais plein de foi et d’espoir.

La réalisatrice
Sabine Verhest est journaliste au service international de « La Libre Belgique », quotidien pour lequel elle parcourt surtout l’Europe, centrale et orientale en particulier. Photographe de formation également, elle quitte rarement son appareil lors de ses voyages. Sa passion pour l’Asie et la montagne l’a menée à sillonner la chaîne himalayenne, du haut plateau tibétain aux confins indiens du Ladakh ou de l’Arunachal Pradesh, des cimes népalaises aux monastères du Bhoutan.


Ecouter l’interview de Sabine Verhest sur la Première (radio)

Pour tout renseignement :
Voir le Monde asbl
Rue Louis Hap 16
1040 Bruxelles
Tél : 02.649.76.95 – Fax : 02.646.36.11
info@voirlemonde.be
http://www.voirlemonde.be

23 mars 2010 at 12 h 43 min Laisser un commentaire

Pourra-t-on éviter la crise de l’eau?

A l’occasion de la Journée mondiale de l’eau (22 mars), Tourisme autrement vous propose de relire un article paru dans la newsletter de juin 2009 sur la crise de l’eau.

La crise de l’eau à venir est au centre des préoccupations écologiques du moment. Riccardo Petrella, politologue et économiste de l’Université Catholique de Louvain, recommande l’inscription de l’eau comme un droit social fondamental dans toutes les chartes. Il est important de réaliser que l’eau n’est pas une ressource inépuisable et que tous n’y ont pas accès de manière équitable.

Aujourd’hui on compte déjà plus d’1,5 milliard de personnes dont l’accès à l’eau potable est nié. A cela s’ajoute la mauvaise qualité de l’eau qui entraîne dans son sillage maladies et infections (choléra, dysenterie…).

La pollution, la forte hausse démographique et le gaspillage imposent de nouvelles pressions sur les ressources en eau. En Inde, la quasi-totalité des cours d’eau est désormais polluée. La situation dans les pays en développement est d’autant plus inquiétante qu’il s’agit des zones qui vont connaître les plus fortes hausses démographiques.

Par ailleurs, l’eau serait susceptible d’être la principale cause de conflits dans les années à venir. Il y a donc une nécessité de reconnaître l’eau comme bien commun appartenant au patrimonial mondial de l’humanité, afin qu’elle ne devienne pas une arme stratégique dans les conflits entre états.

Tourisme et eau

Dans le tourisme également, il convient de modifier les comportements. Les installations touristiques (hôtels mais surtout piscines et golfs) consomment de grandes quantités d’eau, parfois au détriment des populations locales qui se voient « sevrés » en eau.

De plus en plus d’agents touristiques prennent conscience de cette consommation excessive. Ils sensibilisent leurs clients à une utilisation plus parcimonieuse de l’eau, adoptent un meilleur traitement des eaux usées (possibilité de réutilisation pour l’arrosage des espaces verts) ou encore tentent de limiter le gaspillage en améliorant le système de distribution d’eau.

Le tour opérateur français Easyvoyages souligne : «Le vacancier peut lui aussi contribuer au bon usage de l’eau, en prenant des douches rapides, en fermant le robinet du lavabo pour se brosser les dents […]. Mis bout à bout, ces simples gestes permettent d’économiser des milliers de litres sur la consommation d’un hôtel dans l’année et de contribuer à long terme à une meilleure préservation de l’environnement des lieux touristiques.»

Chacun peut donc faire quelques gestes, chez soi et en vacances, afin d’économiser les ressources en eau.

Quelques chiffres:

En 2050, 60% de la population mondiale vivra dans des régions affectées par les pénuries d’eau.

On estime le besoin vital en eau à 50 litres par jour, alors que la consommation européenne s’élève à 200 litres, voire 500 litres en Australie et aux États-Unis.

Dans les pays du Sud, les touristes utilisent 7 à 10 fois plus d’eau que les populations locales.

En Thaïlande, un terrain de golf consomme autant d’eau que 60.000 paysans.

Ailleurs sur le web:

L’eau tue plus que la guerre, sur Youphil

Urgence eau potable : la pétition de l’ONG Solidarités international

La guerre de l’eau aura-t-elle lieu?, sur arte.tv

Eau en 2025, émission « Le dessous des cartes »

Méditerranée: le tourisme assèche les réserves d’eau

22 mars 2010 at 11 h 52 min Laisser un commentaire


Publié récemment

follow us on twitter

Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez 27 autres abonnés