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Lettre ouverte

Tourisme autrement relaie cette lettre ouverte adressée aux responsables de l’OCDE, contre la tenue du prochain Comité du Tourisme de l’OCDE à Jérusalem

LETTRE OUVERTE

Cher Monsieur Giguere et responsables de l’OCDE,

Nous sommes stupéfaits et consternés par votre annonce que le Comité du tourisme de l’OCDE tiendra sa conférence annuelle à Jérusalem en octobre 2010. Il semble que l’OCDE et les processus délibératifs qui s’y trouvent ont minimisé la sensibilité et le sérieux du conflit entre la Palestine et Israël. Peut-être sans en avoir l’intention, il apparaît par son action que l’OCDE se range du côté d’une des parties dans un débat dont les ramifications sont d’une grande portée pour la paix dans le monde et spécialement au Moyen-Orient.

Nous vous écrivons, néanmoins, avec la confiance que l’OCDE est une organisation équitable et transparente,  qui se consacre à une paix juste dans le monde. Après tout, le « D » dans OCDE n’aurait pas de sens si un développement authentique pouvait se produire sans un contexte de justice et de paix.

Nous protestons contre la décision de tenir la conférence du tourisme de l’OCDE à Jérusalem, et insistons pour qu’on trouve un lieu plus approprié.
Veuillez considérez  :

1.   Un des objectifs déclarés de la conférence repose sur des considérations de « croissance verte », en conformité avec les engagements de l’OCDE de promouvoir une politique verte liée à un développement économique. C’est une anomalie qu’une conférence destinée à identifier les opportunités d’affaires vertes et un tourisme vert se déroule côte à côte avec la réalité violente de l’occupation par Israël de territoires palestiniens. Toute analyse objective démontrerait, et l’OCDE le reconnaîtrait sans aucun doute, que l’occupation a eu pour résultat désastreux de « dévertifier » de grandes étendues de terres palestiniennes et de bloquer le développement pour les Palestiniens, simplement pour renforcer la présence israélienne.
2  On envisage que des délégués visiteront d’importants sites touristiques à la fin de la conférence. L’OCDE a-t-elle pris en considération qu’un nombre croissant de sites historiques sont disputés, et soumis à des revendications fausses et illégitimes d’Israël ? C’est pourquoi de telles visites portent en elles le risque de créer des distorsions historiques dans l’esprit des visiteurs. De plus en adoptant les modèles de tourisme israéliens, les délégués n’auront probablement pas l’occasion de rencontrer des Palestiniens et comprendre leurs revendications légitimes à un partage équitable dans le secteur des voyages et du tourisme en Terre sainte.
3.  Le Comité du tourisme de l’OCDE a décidé d’utiliser une tactique dangereusement source de discorde – une décision destinée à donner à Israël un vote de confiance important en promouvant le tourisme israélien et en améliorant l’image d’Israël dans le monde. On devrait savoir que le tourisme israélien a été généralement un instrument de propagande contre les Palestiniens, en les présentant sous un jour très défavorable et très mensonger – comme un peuple dangereux et violent, dénué d’histoire et de culture. L’annonce de l’OCDE revient alors à une acceptation de propagande israélienne raciste, aidant Israël à rendre l’industrie touristique de Palestine invisibles aux touristes venus du monde entier.
4. Vu le rôle central de Jérusalem dans des solutions définitives de statut, l’exclusion palestinienne servira non seulement à approfondir l’abîme politique et rendre une  résolution permanente des revendications et contre revendications encore plus complexe et difficile à réaliser. Dans ce sens, le choix lui-même du lieu est indéfendable, lourd de risques, tout en communiquant des messages unilatéraux.

Il y a d’autres dimensions qui doivent être éclairés. En faisant de Jérusalem le site de cette conférence avec Israël comme pays d’accueil, l’OCDE ne tient pas compte du fait que Jérusalem est une ville sous occupation. Alors qu’on peut s’attendre à un traitement égal, l’OCDE implicitement n’approuverait pas la revendication palestinienne à Jérusalem-Est, et légitimerait la prétention exclusive d’Israël à la ville.

L’annonce sape potentiellement les objectifs déclarés de l’OCDE d’une croissance économique durable et de stabilité financière, d’une élévation de l’emploi et des conditions de vie et la participation dans le commerce mondial – qui ont tous été des objectifs impossibles pour les Palestiniens aussi longtemps qu’ils restent sous occupation militaire par Israël. Des pratiques de tourisme compatibles avec les valeurs de l’OCDE auraient impliqué que les revenus générés par le tourisme soient équitablement répartis. Ce n’est pas arrivé. Et vu la mise en oeuvre de la politique israélienne,  il y aura peu de circulation vers la Palestine venant de la conférence.

La prochaine conférence de l’OCDE à Jérusalem servira uniquement à soutenir l’étau et le monopole que Israël maintient sur le tourisme en Terre sainte qui dénie à l’économie palestinienne et aux Palestiniens leur part équitable. Le Ministre du tourisme israélien a délibérément minimisé l’importance de l’occupation à un inconvénient à ignorer, mais décourage les touristes d’entrer en Palestine en disséminant une propagande raciste. Les quelques visiteurs clairvoyants qui entrent dans les zones palestiniennes sont souvent consternés que les voyages organisés touristiques israéliens ne leur permettent pas d’y passer plus que quelques heures, par exemple en Cisjordanie pour visiter Bethléem, si c’est prévu. Un déséquilibre tellement destructeur est mis en évidence par le fait que s’il y a plus de 6000 guides israéliens pour les tournées, il n’y en a que 300 Palestiniens, avec à peine 42 guides palestiniens qui sont autorisés à travailler au-delà de la Cisjordanie, en Israël.

L’OCDE devrait aussi prendre en considération que la conférence exclurait la participation de professionnels palestiniens dans l’industrie touristique, parce que pour la grande majorité, l’entrée à Jérusalem leur est refusée depuis 1993. L’armée israélienne ne les laissera pas franchir les checkpoints pour arriver à Jérusalem.

Quel message l’OCDE veut-il envoyer au monde en organisant une conférence dans une ville occupée par un gouvernement qui viole activement le droit international ? Ces questions et beaucoup d’autres n’arriveront jamais à être posées – et seront donc cachées de la vue – simplement parce que les Palestiniens ne seront pas présents.

Nous insistons auprès de l’OCDE, à la lumière des arguments apportés plus haut, dans l’intérêt d’un traitement équitable pour tous, à la poursuite de ce qui est juste et bien, d’identifier un autre lieu plus approprié pour la conférence du Comité du tourisme.

Nous appelons l’OCDE à réexaminer leur réflexion pour accueillir la conférence du Comité du tourisme à Jérusalem, et réclamons qu’un autre lieu soit pris en considération compatible avec la vision de l’OCDE « d’une économie mondiale plus équitable ».

Sincère considération,

Rami Kassis
Directeur exécutif
Groupe de Tourisme  Alternatif

www.atg.ps
rami@atg.ps

Caesar D’Mello
Directeur exécutif
Coalition Oecuménique sur le Tourisme

www.ecotonline.org
caesar@ecotonline.org

Rifat Kassis
Coordinateur
Kairos Palestine

www.kairospalestine.ps
rkassis@kairospalestine.ps

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4 août 2010 at 9 h 22 min Laisser un commentaire

Le Houmous, terrain de discorde entre Libanais et Israéliens

Une nouvelle bataille se livre actuellement au Moyen-Orient. Les belligérants? Israël vs Liban. L’objet de la discorde? Inattendu puisqu’il s’agit du houmous, le fameux plat à base de purée de pois chiches et de jus de citron.

Au Liban, le ministre du Tourisme vient de monter au créneau et réclame haut et fort la paternité du met. Très apprécié aussi en Israël, le houmous est devenu un nouveau sujet de dispute entre les voisins. Les Israéliens sont accusés de commercialiser mondialement le houmous ainsi que d’autres plats régionaux estampillés comme étant d’origine israélienne.

Les deux pays s’affrontent maintenant à coups de tentatives d’entrées dans le Guinness des Records. Vainqueurs en date: 50 cuisiniers israéliens qui ont préparé 4 tonnes de houmous (dans un plat de 6 mètres de diamètre). La revanche libanaise est annoncée pour le printemps 2010, le petit pays du cèdre ne renonçant pas.

Au delà de l’aspect anecdotique, on précisera que le patrimoine culinaire appartient au patrimoine culturel et que les états ont tout intérêt à le valoriser dans le cadre de la promotion de leur pays. Fady Abboud, ministre libanais du tourisme, l’a bien compris. La France a d’ailleurs introduit une demande de reconnaissance de sa gastronomie comme patrimoine culturel auprès de l’UNESCO.

9 février 2010 at 10 h 38 min 1 commentaire


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