Posts tagged ‘sensibilisation’

La liberté de voyager vient avec des obligations…

Analyse rédigée par Michèle Laliberté et publiée sur le Réseau de veille en tourisme canadien

Il n’est pas nécessaire de faire du bénévolat dans les communautés que l’on visite pour être un voyageur responsable et engagé. «Parler de tourisme responsable, c’est souhaiter que les acteurs impliqués dans le tourisme reconnaissent leur responsabilité», selon Bernard Schéou, professeur et chercheur dans le domaine du tourisme et du développement. À ce titre, le tourisme responsable concerne tant le producteur que le voyageur, et la sensibilisation de ce dernier fait partie du rôle de l’entreprise touristique qui se veut responsable. Pourquoi ne pas inciter le touriste à faire une différence positive en voyageant et à inverser la tendance qui veut que le tourisme soit polluant et exerce un effet négatif sur les populations locales?

Faut-il se priver de vacances pour épargner la planète?

Nous serons 1,6 milliard de voyageurs internationaux en 2020, selon les chiffres de l’Organisation mondiale du tourisme, et c’est sans compter les déplacements intérieurs. Oui, on souhaite réduire le CO2, mais il faut aussi que le touriste apprenne à voyager différemment. Même si l’on observe un fort courant qui tend à faire du touriste un voyageur responsable — diverses étiquettes en témoignent d’ailleurs: écotourisme, slow travel, volontourisme, tourisme équitable, tourisme solidaire, etc. —, il incombe à l’entreprise de sensibiliser ce dernier pour contrer les effets pervers du tourisme.

Le touriste «roi»

Les vacances plongent le voyageur dans un état d’évasion, de plaisir et de nonchalance qui influence son comportement. Loin de son quotidien, il peut être tenté de se croire libéré des réserves habituelles. Certains, souvent par ignorance, adoptent des comportements irrespectueux ou néfastes pour les lieux visités, les habitants et leur culture. D’autres s’imaginent même que leur statut de vacanciers leur permet de se comporter en rois et maîtres dans les lieux qu’ils visitent! Enfin, quelques-uns adoptent une attitude condescendante faisant état d’une supposée supériorité et du niveau de dépendance économique de la région à l’égard du tourisme.

Il serait peut-être bon de rappeler au voyageur qu’il est «en visite» et qu’il doit faire preuve de respect envers ses hôtes, leur environnement et leur culture.

Voyager, c’est une chaîne de responsabilités

Le rôle de l’entreprise ne se limite pas à expliquer au voyageur la logistique d’une prestation; il comprend aussi une dimension éducative. S’il est inutile de formuler une liste d’interdits et d’impératifs, il est toutefois souhaitable de lui faire prendre conscience des enjeux et des conséquences des pratiques touristiques et de la nécessité d’un comportement éthique dans le tourisme comme dans le quotidien.

On peut…

* jouer sur un registre émotionnel pour susciter une prise de conscience;

* illustrer au voyageur l’impact de ses actions à l’aide d’exemples frappants (p. ex. l’importance de réduire sa consommation d’eau car un touriste utilise 7 à 10 fois plus d’eau qu’un paysan local en a pour nourrir sa famille et cultiver son champ);

* démontrer qu’il suffit bien souvent de petits gestes qui ne coûtent rien, qui n’enlèvent rien au confort et qui peuvent faire toute la différence dans les échanges;

* expliquer la raison d’une surcharge (donner un salaire plus élevé aux employés, entretenir un parc, etc.).

On peut faire cette éducation de façon ludique sur son site Internet, sous forme d’un petit carnet agrémenté de bulles d’informations brèves, pertinentes et dynamiques, de suggestions d’autres voyageurs, d’échanges, de liens à consulter pour en savoir plus.

Préparer le touriste au voyage

Plusieurs voyageurs aimeraient bien participer au mouvement de responsabilisation que l’on observe dans le domaine du tourisme, mais ne savent pas trop de quelle façon le faire. Cela peut débuter par une simple question : Est-ce que je ferais cela chez moi ?

Être un touriste responsable, c’est…

* privilégier des entreprises responsables et ne pas hésiter à poser des questions pour vérifier leurs pratiques;

* s’informer sur le pays visité pour connaître les us et coutumes des habitants, leur niveau de vie (salaire moyen et pouvoir d’achat pour aller au-delà de la valeur d’échange de notre monnaie, éviter l’affichage ostentatoire de richesse), comprendre leurs valeurs (connaître les codes vestimentaires) et respecter leur religion et leur culture;

* compenser ses émissions polluantes, utiliser les transports en commun ou des modes de transport moins polluants et planifier son itinéraire en vue de réduire ses déplacements;

* réduire sa consommation d’eau et d’électricité (climatisation, chauffage, éclairage, utilisation des serviettes, etc.), ne pas polluer, respecter la nature et les espèces menacées, respecter les restrictions émises, recycler, utiliser des piles rechargeables ainsi que des nettoyants et produits de soins corporels biodégradables et réduire son utilisation de plastique;

* respecter les habitants (demander la permission avant de prendre des photos, ne pas faire preuve d’irritabilité, marchander de façon raisonnable, garder le sourire), être soucieux de la qualité de vie de la population locale, apprendre quelques mots dans la langue du pays;

* privilégier les entreprises et les produits locaux (hôtels, restaurants, souvenirs, etc.);

* connaître les critères de qualité, les normes de service, les formulations attendues, la politique de pourboire (distribuer des pourboires en fonction du niveau de vie de la population locale: ne pas en donner peut être considéré comme impoli; à l’inverse, en donner un peut choquer);

* ne pas encourager la mendicité (argent, bonbons, etc.) et comprendre ses effets pervers, éviter le tourisme sexuel;

* soutenir des projets de développement dans les pays visités.

Que l’on se rende en Outaouais, dans le Grand Nord québécois, en Europe ou dans un pays du Sud, voyager de façon responsable, c’est la responsabilité de tous les acteurs. Nous pouvons tous faire une différence positive!

Sources :

– Cerf, Marie-Thérèse. «Le Tourisme éthique: Réflexions sur le sens et les principes fondateurs du tourisme éthique, par Alain Etchegoyen», Portail Strabon, http://www.strabon.org/edito/article173.html.

– Euro RSCG Worldwide. «Trend Experts Reveal the Travel Industry’s Quiet Revolution», Hospitality Trends, 18 mars 2010, http://www.htrends.com/article44502.html.

– Kennedy, Doug. «Become a Green Traveler TODAY!», Hospitality Trends, 24 mars 2008,

http://www.htrends.com/article31720.html.

– Organisation mondiale du tourisme. «Global Code of Ethics for Tourism», http://www.unwto.org/ethics/index.php.

– Ruthazer, Alan. «The Color of Conservation: Tips for Going Green Online», Chief Marketer, 14 janvier 2008, http://chiefmarketer.com/green/green_web_site_0115.

– Schéou, Bernard. «Du tourisme durable au tourisme équitable: Quelle éthique pour le tourisme de demain?», coll. Les métiers du tourisme, éd. de boeck, 2009.

– SNAV. «Le livret vert: Tourisme responsable», http://www.snav.org/Snav/public?controller=fr.amadeuspro.fo.StandardContent&sectionID=HomePublic%23Etudes-et-publications%23livret-vert.

– United Nations Environment Programme. «Passeport vert: Holidays for a Living Planet», http://www.unep.fr/greenpassport.

Publicités

9 juin 2010 at 12 h 13 min Laisser un commentaire

OrganicVision

Un Tour du Monde dédié à la découverte de projets faisant germer une société durable


Ils ont 30 ans, vivent à Bruxelles et s’appellent Joanna et Franck. Face aux challenges de notre époque auxquels la société doit faire face (crise financière, crise alimentaire et crise environnementale) et après avoir visité pendant leur temps libre de nombreux projets consacrés à un mode de vie durable, social et sain, ce couple franco-polonais à décidé de réagir face à l’urgence de la situation et sur la base d’un constat simple : des alternatives permettant de construire une société durable sont déjà là mais peu connues, il faut donc les faire passer de l’ombre à la lumière, les amplifier !

Pour se dédier pleinement à leur projet de sensibilisation, ils ont pris le risque de quitter leurs vies professionnelles plutôt classiques, de modifier leur mode de vie, de débuter un processus de changement…et créent, en septembre 2009 l’association « Organicvision pour une société durable » qui structurera leur démarche et leur permettra de partager leur passion : un voyage autour du monde dédié à la découverte de projets faisant germer une société durable.

Leur association s’est fixé pour objectif de diffuser des « connaissances sur la multiplicité des pratiques et des modèles de vie équitable » essayant de « convaincre le plus grand nombre de la nécessité de passer à l’acte » et ainsi « contribuer au changement des comportements » dans une « logique de coopération » (extrait des statuts fondateurs de l’association « Organicvision pour une société durable »).

Ainsi, ils débuteront leur parcours en août 2010 pour une période de 12 à 18 mois sur 5 continents,  et vous feront découvrir, à travers articles, vidéos et photos: la permaculture, les villes en transition, les éco-villages, l’éco-construction, l’herboristerie, le commerce équitable…et rencontreront les acteurs qui initient le changement à travers leurs projets.

Ils sont à la recherche de partenaires média, de sponsors et de volontaires pour supporter leur démarche volontariste et ambitieuse. Si vous vous reconnaissez dans leur vision, si vous avez des questions ou des remarques, si vous voulez les suivre tout au long de leur parcours…un seul chemin : leur site internet http://www.organicvision.org ou leur email info@organicvision.org .

Vous aussi, passez à l’action !

Faites germer le changement dans ce monde !

11 mai 2010 at 10 h 54 min 2 commentaires

Livret vert du tourisme responsable pour les professionnels du tourisme

SNAV s’engage dans le domaine du tourisme responsable

« La préservation des différents patrimoines des pays visités garantit leur authenticité ainsi que leur pérennité touristique. [—] Conseiller une destination à un client, c’est bien entendu l’informer des différentes formalités et parallèlement le sensibiliser sur la fragilité des sites et la spécificité des populations qu’il va découvrir », déclarent  George Colson, président de Snav et Christian Orofino, président de la Commission Tourisme Responsable.

Snav, le syndicat français des professionnels du tourisme, vient d’éditer  un livret vert sur le tourisme responsable, expliquant ce qu’est le tourisme durable.

Sous forme de fiches claires et concises, le livret donne des définitions, déjoue les idées reçues et indique les bonnes pratiques à suivre, tant pour les opérateurs que pour les touristes.

Il recense également les transporteurs, les hébergements, les TO (tour-opérateurs) et les destinations responsables.

« Le tourisme responsable c’est:
• Respecter et participer au développement économique et social des populations locales
• Préserver l’environnement
• Une chaine complète de responsabilité impliquant le voyageur, les fournisseurs, l’agence, le tour-opérateur… »

Le catalogue n’est pas exhaustif. On approuve cependant la démarche de Snav qui reconnait la part de responsabilité du tourisme dans la gestion de l’environnement et des rapports sociaux-économiques inégaux entre le Nord et le Sud.

On notera l’intelligence de proposer un outil à destination des professionnels du tourisme ET de leur clientèle, cette dernière pouvant maintenant interroger les opérateurs sur leurs pratiques.

Une bonne initiative qui sera, nous l’espérons, mise à profit par les professionnels.

Livret disponible en PDF ici

18 mars 2010 at 13 h 57 min Laisser un commentaire


Publié récemment

follow us on twitter

Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez 27 autres abonnés