Posts tagged ‘tourisme de masse’

Soutien au film « Une semaine à Parajuru »

Tourisme autrement appuie la campagne de soutien au film de José Huerta, « Une semaine à Parajuru ».


Parajuru est un village de pêcheurs situé sur la côte Nord-est du Brésil. Depuis trois ans, une Autrichienne fortunée, Giselle, y investit pour le développement du tourisme. Achat de terrains, construction de maisons, hôtel de luxe… Gisi, comme on la nomme là-bas, occupe donc le terrain économique mais également le terrain social. Elle a construit une école pour les enfants du village, elle organise des cours d’allemand et d’anglais. Certains jeunes effectuent même des stages en Autriche.
Une partie de la population du village s’interroge sur les intentions de cette femme qui achète tout, sans jamais communiquer avec ses habitants. Mais l’économie du tourisme ne profite que très peu à la population du village, et celle-ci s’inquiète des conséquences à long terme de ce tourisme non maîtrisé. Leurs craintes sont confortées par d’autres exemples, dans la région. Le premier est Canoa Quebrada, ancien village de pêcheurs traditionnels, devenu en quelques années un lieu à la mode. De nombreux hôtels ont été construits, faisant monter les prix de l’immobilier et repoussant les habitants à l’écart. La prostitution s’est développée au même rythme. Et les Jangadeiros, pêcheurs traditionnels, promènent désormais les touristes.
Chico Mariano, le président des pêcheurs de Parajuru, a un point de vue sur la question. S’il n’a rien contre les projets de Gisi, il sait que le développement d’un tourisme non maîtrisé peut détruire peu à peu la cohésion du village. Il sait également que la réserve naturelle, toute proche du village, attise la convoitise de Gisi et d’autres spéculateurs.
Gisi n’est pas un personnage facile à approcher et encore moins à questionner et elle n’a pas souhaité s’exprimer dans ce film. Elle rachète toutes les terres et devient peu à peu le seul opérateur économique à Parajuru. Elle ne parle pas portugais et finit par imposer aux habitants la langue allemande s’ils veulent trouver du travail dans le tourisme.
Parajuru est en train de passer dans un autre monde. Le film montre cette transformation. Il dévoile également comment, insidieusement, des techniques d’intégrations sont orchestrées, à travers le mécénat social ou des concepts à la mode, comme le développement durable.

Ce film dresse un portrait de ce village en pleine mutation, tiraillé entre le désir d’un développement économique et la préservation d’un mode de vie. Grâce aux différents visages de Parajuru, le film propose une réflexion sur la mondialisation, en marche, inéluctable. Et sur ce tourisme qui, lorsque la parole de la population est confisquée, prend le visage de la colonisation, sous une nouvelle forme.

Le documentaire est diffusé en avril 2009. Mais suite à sa projection, les investisseurs autrichiens décident de porter plainte contre le réalisateur. Aujourd’hui, ils attaquent José Huerta avec 8 procès au Brésil et demandent 60 000 euros de dommages et intérêt. C’est pourquoi une campagne de soutien est lancée afin de diffuser l’information et d’éviter toute corruption.

La campagne s’articulera sur 3 thèmes : défense de la liberté d’expression, dénonciation des pratiques abusives dans le tourisme de masse et soutien au village de Parajuru pour la préservation de sa culture et de son environnement (le site de l’association des habitants sera bientôt en ligne). La vente du DVD du film et les projections en France aideront au règlement des frais du procès.

Le site de la campagne

Le mercredi 14 avril aura lieu une projection presse à paris. Le député Européen José Bové  a l’intention d’aborder  le dossier avec ses collègues du parti Vert Autrichien, notamment sur les aspects de blanchiment d’argent (un des investisseurs autrichiens serait impliqué dans un scandale de détournement d’argent public en Autriche).

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12 avril 2010 at 12 h 12 min 1 commentaire

Le Salon des vacances de Bruxelles

Article de Michel Ghesquière, paru sur PAGTOUR

Le Salon des Vacances de Bruxelles 2010 : à boire et à manger…

Pas à dire le Salon des Vacances 2010 de Bruxelles avait fière allure lors de notre passage ce samedi 6 février. Quoique nous aient dit les exposants rencontrés, il y avait du monde dans les travées. A croire qu’Internet n’est vraiment pas la panacée universelle qu’on veut nous faire croire.

Quatre palais pour faire son choix…ou rêver

Première impression : les quatre palais étaient occupés totalement. Et comme en plus, sauf erreur de notre part, les allées séparant les stands nous ont semblé plus étroites que les années précédentes. Ce qui peut signifier que les exposants étaient plus nombreux et les visiteurs plus abondants.
Si nous n’avons pas visité le palais 2 (Belgique) et donc ne pouvons pas parler des exposants et de l’ambiance de celui-ci, pour ce qui est des autres palais, force est de constater que le temps où le Salon des Vacances de Bruxelles ressemblait plus à une kermesse aux boudins qu’à un salon du tourisme est révolu.

C’est presque à peine que nous avons pu distinguer quatre ou cinq guinguettes ou friteries dans les autres espaces. Bien sur la France avait son resto, certains stands comme le Maroc proposait l’éternel couscous ou l’Irlande son pub. Mais heureusement, pas la moindre odeur de graillon qui faisait le « dé-charme » propre à ce salon les années précédentes.

La répartition des stands, par contre, n’était peut-être pas ce qu’il y avait de mieux. En théorie et sur les plans distribués, le Palais 4 était réservé à la France, l’immense 5 à la Méditerranée et à l’Europe, le 6 aux destinations lointaines et le 2 à la Belgique et aux motor-homes & caravanes.
En fait, aussi bien dans le 5 que dans le 6, on ne pouvait que constater un véritable melting-pot des destinations et des opérateurs. Le stand d’Asteria qui propose surtout des voyages lointains se trouvant au cinq et Vacansoleil avec ses campings en France et en Europe au six … tandis que les croisiéristes étaient éparpillés entre le 6 (Costa, C&FW, …) et le 5 (MSC, Star Clipper, Croisieurope) … Sans oublier, la SNCM au quatre …
Quant aux TO généralistes (nous reviendrons par ailleurs sur leurs présences), Sunjets (TUI-Belgium) et Thomas Cook occupaient deux emplacements au palais 5 tandis que Neckermann s’était réservé un bon quart du 6 ..
Autre phénomène qui nous a frappés, Brussels Expo a beau être une entreprise relativement publique (la société appartient à la ville de Bruxelles), force est de constater que les grands groupes sont nettement privilégiés par rapport aux PME et autres sociétés plus modestes.
Nous dirions même plus, les stands fournis par le Salon et donc loués clé en main aux exposants étaient tous situés, sauf rares exceptions, dans des emplacements de moindre qualité par rapport aux espaces des grandes structures.
On nous répondra à cela que c’est une affaire de portefeuille et que ceux qui payent plus ont droit à mieux. Il n’empêche que nous avons entendu à plusieurs reprises des plaintes à ce sujet « Pour ce que nous avons été obligés de payer, nous aurions pu avoir mieux et surtout un meilleur service et un accueil un peu moins fonctionnaire… ».
Nous pensons également qu’un service public (même indirect) se doit de mettre tout le monde sur le même pied d’égalité…

Au final

Nous pensons que malgré des défauts et d’erreurs magistrales de l’organisation, le Salon des Vacances de Bruxelles 2010 a été une réussite aussi bien en ce qui concerne le nombre d’exposants que du nombre de visiteurs.

10 février 2010 at 18 h 30 min Laisser un commentaire

Salon des vacances de Bruxelles

A la lecture du magazine de promotion du salon, notre attention n’est pas attirée une seule fois par le thème du tourisme durable. Pas un seul article, pas une photo, pas même un mot à cet égard. Quand on sait que le salon des vacances de Bruxelles a reçu, l’an dernier, plus de 100.000 personnes, c’est assez décevant. Il me semble qu’on rate là une occasion idéale de sensibiliser un large public.

Non seulement cette brochure n’aborde pas le tourisme de manière responsable mais elle affiche parfois une vision du tourisme assez choquante. En effet, si les auteurs ne manquent pas de mettre le bien-être des touristes en avant, on se demande où est passé celui des populations locales. Certains articles parlent de « vacances idéales » : celles-ci n’impliquent bien évidemment aucun questionnement quant aux impacts que ces vacances de rêve peuvent avoir sur le pays visité.

On peut ainsi relever quelques exemples frappants, révélateurs du manque de prise de conscience dont les auteurs de ces articles font parfois preuve :

–          Le rêve se décrit souvent en quelques mots : hôtel de luxe, complexe hôtelier all-in, gigantesque et luxueux centre de bien-être…

–          Au niveau des moyens de transports, l’accent est mis sur les voyages en avion et sur la promotion de vacances en voiture, en moto, en bus…

–          Promotion est faite également sur les promenades en bateau à moteur… avec parfois même la traversée de l’une ou l’autre réserve nationale ou naturelle…

–          Promotion aussi de la pratique du golf aux Pays-Bas. Quant on sait que l’histoire de ce pays est marquée par sa lutte contre la montée des eaux, le golf est-il vraiment à recommander ?

–          Exemple de conseil adressé aux touristes : attention de ne pas toucher les phoques : ils pourraient bien vous mordre ! Pas un mot sur le fait que la domestication progressive des phoques pourrait perturber l’équilibre de l’espèce, ou qu’ils pourraient contracter des maladies humaines. La liste des dangers encourus par un rapprochement des humains et des animaux sauvages est longue mais rien n’est évoqué dans l’article.

–          De nombreux conseils sont donnés aux touristes concernant les normes sanitaires afin qu’ils évitent d’attraper des maladies en vacances. Mais il paraît inutile aux promoteurs de mentionner également les maladies que les touristes pourraient apporter aux locaux s’ils ne respectent pas ces normes.

Heureusement, quelques voyages font exception : randonnée, trekking, randonnée à cheval, vélo, voilier… Dommage qu’ils se perdent dans la masse des vacances formatées peu respectueuses de l’environnement et des populations locales qui sont proposées au public.

Après visites, nos craintes sont vérifiées…

Comme le laissait présager le magazine de présentation, ce n’est pas au salon des vacances que vous trouverez des exemples de tourisme responsable. Quatre salles dédiées au voyage, et pas une pour sensibiliser le public, pas même un petit espace entre deux grands T.O.

Tourisme de masse, voilà le dress-code ! Que ce soit en Belgique, en France, ou bien plus loin ; rares sont les séjours respectueux présentés au salon. Certains représentants des plus grands Tour-opérateurs l’avouent eux-mêmes, l’environnement et les populations locales ne sont pas au centre de leurs préoccupations.

Toutefois, ne blâmons pas tout le monde, certains exposants se démarquent et semblent garder les yeux bien ouverts face aux impacts négatifs du tourisme de masse. Ceux-ci proposent donc des séjours « nature » et tiennent un discours davantage en accord avec la problématique du tourisme durable. On retrouve principalement des séjours « vélo » alliant nature et culture, des randonnées, du trekking, du camping et des séjours de type « Aventure » souvent au cœur d’un milieu naturel que les vacanciers respecteront.

Il est tout de même regrettable de devoir se frayer un chemin à travers une foule de stands pour dénicher ce type de vacances. Cet évènement ne profite vraiment pas de sa notoriété pour sensibiliser le public à un problème pourtant bien réel, celui des effets néfastes du tourisme.

Amélie De Vriendt

Etudiante en gestion touristique à l’Institut Arthur Haulot

Texte réalisé dans le cadre d’un stage à Tourisme autrement asbl

10 février 2010 at 10 h 50 min 1 commentaire


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