Posts tagged ‘touristes’

Inondations au Machu Picchu: où sont passés les Péruviens ?

Tourisme autrement partage avec vous cette lettre ouverte de Roxane Liénart, bénévole chez SOS Faim, sur la situation dramatique de la population péruvienne dans la région du Machu Picchu. Tout ce qui est parvenu à nos oreilles ce sont les histoires des touristes bloqués par les inondations. Quid de la population locale qui a parfois tout perdu ?

« La nouvelle est tombée mardi 26 janvier. On entendait à la radio, et pouvait lire dans la presse, que de nombreux touristes étaient bloqués à la citadelle du Machu Picchu et sur le chemin de l’Inca qui y mène. Ils seraient des milliers,… en manque d’eau et de nourriture. Les fortes pluies ont provoqué, dans la région de Cusco, des débordements de rivières et d’importants glissements de terrain qui ont balayé tout sur leur passage…

Cela faisait juste une semaine que j’étais rentrée d’un stage de cinq mois à Cusco, dans une ONG péruvienne de microfinance – soutenue par l’ONG belge SOS Faim au sein de laquelle je me suis engagée comme bénévole. De suite, je me suis inquiétée pour mes anciens collègues péruviens : Comment vont-ils ? Ont-ils été touchés ? Reçoivent-ils l’aide nécessaire ? Les femmes ? Les enfants ? Les producteurs ?… Qu’en est-il de leurs maisons et de leurs récoltes ?… Mes questions restaient cependant sans réponse. Les médias belges ne relayaient pas d’information à ce sujet et je n’arrivais pas à contacter mes anciens collègues. Tout ce que je savais alors se résumait à : onze touristes belges coincés, parmi des milliers d’autres ; des vols Lima-Cusco interrompus ; la voie ferrée, menant au Machu Picchu, fortement endommagée… Peu après, les médias nous informaient que certains européens et américains allaient jusqu’à payer des 500 $ pour être rapatriés en premiers par hélicoptère ! La « guerre des touristes » prenait place… et toujours aucune nouvelle consistante des habitants de la région. C’est donc vers les quotidiens péruviens que je me suis tournée. Et là, la situation m’est apparue nettement plus inquiétante ! Selon les estimations du gouvernement régional, plus de 7.000 maisons se sont effondrées, 9 ponts ont été détruits et 72.000 km de routes sont impraticables. Il y aurait plus de 35.000 sinistrés. En tout, près de 55.500 personnes auraient souffert des pluies diluviennes. En outre, plus de 16.000 ha de cultures sont gravement affectés. Les médias péruviens soulevaient également les difficultés dans l’acheminement de l’aide aux populations sinistrées, en manque de couvertures, de vêtements, d’eau, de vivres, de médicaments,… Tant de gens se sont retrouvés sans rien en l’espace de quelques heures !
Surréaliste ! … »  Lire la suite

SOS Faim est une ONG belge dont l’objectif général  est de réduire la pauvreté en milieu rural en soutenant l’agriculture paysanne et ses acteurs. Dans le monde près d’un milliard de personnes souffrent de la faim, dont 2/3 sont des paysans et leur famille qui vivent principalement dans les pays en développement. Ces familles n’ont pas accès à une alimentation suffisante et de qualité, avant tout parce qu’elles sont pauvres.

Publicités

11 février 2010 at 11 h 15 min Laisser un commentaire

Salon des vacances de Bruxelles

A la lecture du magazine de promotion du salon, notre attention n’est pas attirée une seule fois par le thème du tourisme durable. Pas un seul article, pas une photo, pas même un mot à cet égard. Quand on sait que le salon des vacances de Bruxelles a reçu, l’an dernier, plus de 100.000 personnes, c’est assez décevant. Il me semble qu’on rate là une occasion idéale de sensibiliser un large public.

Non seulement cette brochure n’aborde pas le tourisme de manière responsable mais elle affiche parfois une vision du tourisme assez choquante. En effet, si les auteurs ne manquent pas de mettre le bien-être des touristes en avant, on se demande où est passé celui des populations locales. Certains articles parlent de « vacances idéales » : celles-ci n’impliquent bien évidemment aucun questionnement quant aux impacts que ces vacances de rêve peuvent avoir sur le pays visité.

On peut ainsi relever quelques exemples frappants, révélateurs du manque de prise de conscience dont les auteurs de ces articles font parfois preuve :

–          Le rêve se décrit souvent en quelques mots : hôtel de luxe, complexe hôtelier all-in, gigantesque et luxueux centre de bien-être…

–          Au niveau des moyens de transports, l’accent est mis sur les voyages en avion et sur la promotion de vacances en voiture, en moto, en bus…

–          Promotion est faite également sur les promenades en bateau à moteur… avec parfois même la traversée de l’une ou l’autre réserve nationale ou naturelle…

–          Promotion aussi de la pratique du golf aux Pays-Bas. Quant on sait que l’histoire de ce pays est marquée par sa lutte contre la montée des eaux, le golf est-il vraiment à recommander ?

–          Exemple de conseil adressé aux touristes : attention de ne pas toucher les phoques : ils pourraient bien vous mordre ! Pas un mot sur le fait que la domestication progressive des phoques pourrait perturber l’équilibre de l’espèce, ou qu’ils pourraient contracter des maladies humaines. La liste des dangers encourus par un rapprochement des humains et des animaux sauvages est longue mais rien n’est évoqué dans l’article.

–          De nombreux conseils sont donnés aux touristes concernant les normes sanitaires afin qu’ils évitent d’attraper des maladies en vacances. Mais il paraît inutile aux promoteurs de mentionner également les maladies que les touristes pourraient apporter aux locaux s’ils ne respectent pas ces normes.

Heureusement, quelques voyages font exception : randonnée, trekking, randonnée à cheval, vélo, voilier… Dommage qu’ils se perdent dans la masse des vacances formatées peu respectueuses de l’environnement et des populations locales qui sont proposées au public.

Après visites, nos craintes sont vérifiées…

Comme le laissait présager le magazine de présentation, ce n’est pas au salon des vacances que vous trouverez des exemples de tourisme responsable. Quatre salles dédiées au voyage, et pas une pour sensibiliser le public, pas même un petit espace entre deux grands T.O.

Tourisme de masse, voilà le dress-code ! Que ce soit en Belgique, en France, ou bien plus loin ; rares sont les séjours respectueux présentés au salon. Certains représentants des plus grands Tour-opérateurs l’avouent eux-mêmes, l’environnement et les populations locales ne sont pas au centre de leurs préoccupations.

Toutefois, ne blâmons pas tout le monde, certains exposants se démarquent et semblent garder les yeux bien ouverts face aux impacts négatifs du tourisme de masse. Ceux-ci proposent donc des séjours « nature » et tiennent un discours davantage en accord avec la problématique du tourisme durable. On retrouve principalement des séjours « vélo » alliant nature et culture, des randonnées, du trekking, du camping et des séjours de type « Aventure » souvent au cœur d’un milieu naturel que les vacanciers respecteront.

Il est tout de même regrettable de devoir se frayer un chemin à travers une foule de stands pour dénicher ce type de vacances. Cet évènement ne profite vraiment pas de sa notoriété pour sensibiliser le public à un problème pourtant bien réel, celui des effets néfastes du tourisme.

Amélie De Vriendt

Etudiante en gestion touristique à l’Institut Arthur Haulot

Texte réalisé dans le cadre d’un stage à Tourisme autrement asbl

10 février 2010 at 10 h 50 min 1 commentaire


Publié récemment

follow us on twitter

Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez 27 autres abonnés